STOP ! Savoir s’arrêter (été 2017) 1/3 (Psaume 127 ; Mt 11 ; Ex 20)

Pour son anniversaire j’ai offert à ma femme une chaise longue. Quand elle l’a vu elle a su pourquoi : « besoin de repos » ! Bien des personnes culpabilisent quand elles se reposent ! D’autres sont toujours en action, aiment bosser sur leur temps libre ; sont mal à l’aise de partir en vacances car ils ne voient que ce qu’il y a encore à faire. On n’arrête pas ! Disons-nous souvent ! Or Dieu ne nous a pas créés pour travailler tout le temps. Cet été nous sommes invités à revoir la façon dont nous gérons nos vies et à prendre le temps du repos. Car c’est un commandement de Dieu. A quoi sert le repos ? Voici quelques pistes possibles basées sur chaque lettre du mot « repos » à méditer cet été !

  1. R comme Réaliser ma valeur

Avez-vous remarqué que lorsque nous rencontrons qqun, une des choses qu’on demande après son prénom c’est « que faites-vous dans la vie ? ». Comme si le travail déterminait qui nous sommes. Le problème c’est quand nous commençons à vouloir tirer notre valeur personnelle et notre identité de notre travail. Parfois nous pensons prouver par nos réalisations professionnelles que nous valons quelque chose. Prouver aux autres que non, nous ne sommes pas celui-celle dont on disait « tu es nul, tu n’y arriveras jamais, prouve que tu es quelqu’un, fais qq chose de bien une fois dans ta vie ». Alors on bosse et on pense ainsi qu’on est quelqu’un, que je vaux quelque chose. Travail = valeur !? Non ! La Bible nous enseigne que notre valeur, notre identité ne dépendent pas de ce que nous faisons. Dieu nous dit : tu as du prix et de la valeur à mes yeux dit Esaïe. Notre valeur n’est pas fondée sur nos performances, notre travail aussi bien fait soit-il mais sur son amour inconditionnel. Nous tenons notre valeur par ce que nous sommes pour lui : ses enfants bien-aimés ! Dès lors que vous savez et sentez que vous avez de la valeur aux yeux de Dieu indépendamment de ce que vous faites, de vos réussites, de votre labeur, cela change la vie. Il n’y a rien que nous puissions faire qui fera que Dieu nous aimera plus qu’il ne nous aime déjà.

  1. E comme Echanger le stress contre sa paix

Outre la fatigue physique et émotionnelle, il y a la fatigue spirituelle. Le repos prévu par Dieu inclut ce temps où notre esprit est disponible pour se recentrer sur l’essentiel, pour renouveler notre relation avec Dieu. On peut partir 2 semaines au bout du monde mais ne pas prendre ce repos nécessaire pour recharger ses batteries spirituelles. Au final nous reviendrons avec le même stress, la même pression, les mêmes problèmes… Au Ps 23 il est écrit : « il me fait reposer ». Dieu fait reposer son troupeau car tel un berger il prend soin de nous qui sommes sans cesse en activité et avons du mal à nous arrêter. C’est par amour qu’il nous met au repos car nous comptons à ses yeux. J’aime l’expression « se recueillir ». Cela signifie que je rassemble mon être tout entier dispersé par mille activités devant Dieu. Notre relation à Christ nous aide à donner un nouveau rythme à notre vie. Accepter son fardeau/joug le laisser régler l’allure de nos pas. En effet, marcher avec Christ, c’est accepter la possibilité d’aller dans la même direction et à la même vitesse que lui. Cela signifie parfois ralentir ! En effet la surcharge, la fatigue et le stress résultent souvent du fait que nous faisons des choses qui ne sont pas adaptées à notre vie, qui ne respectent pas ce que nous sommes, notre personnalité, nos capacités, nos talents, etc. Tout cela crée de la fatigue. Ce n’est pas ce que Dieu veut pour vous. Jésus nous demande de venir à lui afin de trouver le vrai repos. Ce repos est plus qu’un temps « sans travail », c’est un temps qui me permet de réajuster mes valeurs, de comprendre ce que je dois peut-être changer dans ma vie. En venant à lui il nous offre la possibilité d’échanger tout ce stress accumulé contre sa paix à lui.

  1. P comme Prendre plaisir/se réjouir de ce que nous avons

Eccl. 3,13 dit que se réjouir des résultats de son travail est un don de Dieu. Si c’est votre cas, tant mieux ! Mais parfois nous sommes si préoccupés à essayer d’obtenir davantage, à en faire davantage que nous oublions de nous réjouir et profiter de ce que nous avons déjà. Heureux ceux qui savent se contenter et se réjouir de ce qu’ils ont déjà. De même, mieux vaut avoir peu et avoir l’esprit en paix que d’être affairé et occupé au détriment de notre santé et de nos relations. Sachons profiter du fruit de notre travail. Je doute que sur leur lit de mort beaucoup disent « j’aurais voulu passer plus de temps au travail et avoir plus ».  Sachons apprécier ce que nous avons pendant que nous l’avons sans chercher à obtenir des choses inutiles et qui ne nous rendent pas plus heureux.

  1. O comme Ordre de mes valeurs/priorités

Ecc 4,4 : « J’ai découvert aussi que les humains peinent et s’appliquent dans leur travail uniquement pour réussir mieux que leur voisin. Cela n’est que fumée, course après le vent ». Par esprit de comparaison combien essaient d’avoir autant ou plus que les autres, d’avoir une meilleure voiture/maison/je-ne-sais-quoi. Le repos est le temps de réfléchir à mes priorités et mes valeurs. Le travail est-il pour moi une idole ? Un jour au forum des métiers START à Fribourg, j’avais été frappé par cet homme qui avait monté plein de boites et réussi professionnellement : mais à quel prix ? Au détriment de quoi ? Il semblait content de lui, certes. Mais qu’avait-il construit à côté ? Le Ps 127 ne dénigre pas l’effort humain mais enseigne l’inutilité de travailler aux dépens de notre relation aux autres et à Dieu et en laissant ce dernier en dehors de nos vies. Que cache tout cet activisme dans ma vie ? Quelles sont les choses auxquelles j’accorde peut-être trop d’importance et celles que j’ai peut-être négligées ?  Est-ce que mes activités, mon travail ne sont là que pour mon plaisir et ma satisfaction personnelle au point d’en oublier ma famille, mes amis, mon église, ma foi ? En Luc 12 Jésus met en garde ceux qui ont accumulé des richesses éphémères au lieu de cultiver ce qui est vraiment riche aux yeux de Dieu et a une portée éternelle : l’amour et le service du prochain, le don, la recherche de la sainteté, la relation à Dieu, etc. Le repos permet de faire le point sur tout cela.

  1. S comme Stop et sabbat (limiter mon ouvrage)

Ecc 10,15 : « le sot se fatigue beaucoup pour peu… ». Ce verset n’encourage pas à la paresse ! Nous devons apprendre à nous limiter dans notre labeur et prendre un vrai temps de shabbat, de repos. Si je suis sans cesse en activité, à travailler, je suis comme un arc perpétuellement tendu dont la corde va petit à petit perdre de sa force.  Il est bon de savoir s’arrêter pour réfléchir au sens que nous donnons à notre travail et à notre vie. Si Dieu ordonne un shabbat (Ex 20) c’est dire à quel point il prend le repos au sérieux. Nous sommes un tout « corps-âme-esprit » et nous avons donc des besoins physiques, psychologiques, spirituels. A ce titre Dieu nous encourage cet été à :

A/  Reposer son corps : si on ne repose pas notre corps, c’est lui qui nous le fera payer. Si vous vous sentez coupable de vous reposer, n’oubliez pas que Jésus se reposait !  Et pensez-vous être plus occupé que Jésus ? Pensez-vous que ce que vous faites est plus important que ce que Jésus faisait ?

B/ Recharger les batteries émotionnelles. Qu’est-ce qui recharge émotionnellement ? Généralement le calme et la tranquillité. Mais nous avons aussi été créés pour être en relation, pour cultiver, développer et nous réjouir de saines relations de confiance qui donnent satisfaction.

C/  Soigner notre esprit. Nous avons besoin de temps avec Dieu chaque jour. Le culte et la louange remettent les choses en perspective. Nous avons plus d’énergie pour gérer nos problèmes. Si nous sommes trop occupés pour être avec Dieu, alors oui nous sommes trop occupés ! Nous manquons l’une des choses pour lesquelles nous avons été créés et qui oriente notre vie jour après jour. Dans notre agenda, le repos spirituel doit être une priorité !

 

2017-07-04T09:41:08+00:00
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