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Cultes tous les dimanches à 10h au Temple

Église Évangélique Réformée

Paroisse de Bulle – La Gruyère

Prédication sur Mc 15,15-39
La Passion de Jésus : un chemin pour vivre et accompagner la souffrance de ce monde.

Chers frères et sœurs en Christ,
Lorsque nous écoutons les nouvelles, nous avons parfois l’impression que la mort rôde au milieu de nous avec ce coronavirus. Et ça, c’est bien un sentiment que nous ne connaissions plus depuis très longtemps. La mort, quand nous y pensons, nous interroge sur la vie. La perspective d’être touché par la mort interroge notre vie et le sens que nous lui donnons. A quelle vie rêvions-nous ? Les transhumanistes en étaient venu à rêver à un homme amélioré et éternel. Et pour nous, croyants, les événements actuels nous interrogent sur notre image de Dieu : à quel Dieu croyons-nous ? Dieu faiseurs de miracles, censé nous épargner la souffrance ? Dieu ayant écrit l’histoire et le destin que nous n’avons qu’à accepter ? Dieu juge qui tire la sonnette d’alarme en permettant la crise du coronavirus ?

Face à ces événements, quels messages pouvons-nous tirer de la Passion de Christ Jésus ? J’aimerais vous partager 2 choses qui m’ont interpelé dans ma lecture de Marc 15.

La 1ère c’est ceci : parce que Jésus est Dieu devenu homme, parce qu’il est le visage de Dieu sur terre, dans sa passion, il nous dit sa présence dans nos souffrances. Jésus n’est pas Dieu qui survole avec aisance nos souffrances.
Jésus va au bout de son chemin d’humanité. Il va jusqu’au bout de ce qui signifie être humain, avec nos limites et nos détresses. Il va au bout de l’angoisse, de la peur, de la tristesse et de la déception ; il va au bout de la solitude, de l’isolement. Il va au bout de la vulnérabilité, de la faiblesse. Il se livre totalement. Et si tu te souviens qu’il est aussi Dieu, tu te rends compte que ça ne va pas de soi. Jésus me révèle à quel point Dieu nous aime pour venir assumer notre humanité, pour venir nous y rejoindre, pour la porter sur lui, comme dit Esaïe. C’est dans nos détresses qu’il nous rejoint le mieux.
Il est là avec toi dans tes peurs, dans tes angoisses. Il est là avec toi dans ta peur de mourir. Il la connaît, il l’a vécue.
Il est là quand tu souffres de l’injustice. Il a été condamné à mort à la place d’un criminel, lui qui n’avait fait que semer le bien autour de lui. Il est là avec toi.
Il est là avec toi quand tu te sens abandonné de tous, y compris de Dieu. Il a lui aussi vécu cela sur la croix quand il a crié : Mon Dieu pourquoi m’as-tu abandonné ?
Il est là avec toi quand tu te sens tellement dépendant des autres. Il a aussi dépendu des autres pour lui mouiller les lèvres durant son agonie, quand il a crié J’ai soif.
Notre Dieu n’est pas un Dieu qui est étranger à nos souffrances, il est celui qui les souffre, les vit de tout son être. Il est celui qui se place à nos côtés. Et là quelque chose se passe : une force est donnée, une paix est offerte, un pardon surgit, une présence mystérieuse enveloppe. Dieu nous rejoint dans nos détresses et quand il le fait, il ouvre un chemin… un chemin qui conduit à la confiance, à nous abandonner entre ses mains… à nous abandonner entre ses mains car nous recevons en nous l’assurance qu’ainsi tout est bien. Parce que, s’il est là, alors… rien n’est perdu, rien n’est fini. Il faut parfois du temps pour s’en rendre compte, c’est vrai aussi. Mais rien n’est fini, car il y a l’espérance en quelque chose d’autre… de nouveau… car Jésus a vaincu la mort. Il ouvre ma finitude sur autre chose qui m’échappe quand je suis dans la détresse… et cette ouverture ça change tout. Et cette ouverture, Jésus la vit aussi dans sa souffrance quand il dit : O Père, non pas ma volonté, mais que ta volonté soit faite. Entre tes mains je remets ma vie. Cet abandon devient force et sérénité. Essaie… tu verras.

La 2e chose est liée à la 1ère. Jésus a eu besoin des autres, il a compté sur les autres : pour être avec lui dans sa peur, pour lui tendre à boire sur la croix, et pour porter sa croix. Tu connais l’expression porter sa croix. Ici Jésus a besoin de Simon de Cyrène pour porter sa croix.
Jésus a affronté la mort pour nous dire jusqu’où va son amour pour nous. Et il nous demande à notre tour de nous charger de sa croix, c’est-à-dire de mettre nos pas dans les siens sur son chemin de compassion. De partager avec lui la souffrance de ce monde. D’être une présence auprès des angoissés. D’offrir notre service à qui en a besoin. De sentir le poids de la douleur de Dieu face aux détresses des hommes et de la porter dans nos prières. D’être là face à la mort… de nous tenir là avec ceux qui sont touchés par elle. D’être là attentifs, attentionnés.
Le chrétien n’est pas au-dessus de la mêlée. Penser que parce que je suis croyant, Dieu me protégera et m’épargnera la souffrance est infantile. Jésus me dit que son disciple souffre comme tout le monde. Et que c’est là qu’il peut briller : suis-je prêt à porter les fardeaux des autres, à accompagner et écouter un tel ou une telle qui me dit sa peur de la mort, à pardonner qui recherche mon pardon, à prier avec et pour ceux et celles qui souffrent ?

Jésus nous demande d’être là avec ce monde et dans ce monde qui souffre, solidaires. D’être là avec lui en nous, avec cette confiance qu’il nous donne, avec cette espérance qu’il nous donne, qu’il est le Prince de la vie, de cette vie qui défie même la mort, que son amour est souverain, car Dieu l’a promis : Si tu m’appelles au secours, je te répondrai. Je serai à tes côtés dans la détresse, je te ferai voir que je suis ton sauveur (Ps 91).
Amen.

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