Bulle, 10/12/17 – Les voleurs de joie et les choix qui nous la rendent

Chers amis, la période de l’Avent et de Noël est censée être une période de réjouissances mais pour beaucoup elle est source de tristesse voire de déprime. Beaucoup n’aiment pas cette période et attendent janvier avec impatience. En effet Noël nous renvoie en pleine figure notre solitude, nos deuils, nos blessures, etc. Vous n’avez pas cette joie de Noël en vous et je vous comprends. Inutile de faire semblant et de porter un masque.

  1. Il y a deux sortes de joie.

La joie qui est une émotion positive et qui dépend des circonstances extérieures et de ce qui se passe de bon dans ma vie. Nos sources de joie sont nombreuses (biens, relations, loisirs, etc.) mais elles échouent toutes à satisfaire nos attentes les plus profondes d’une joie vraie et surtout durable. Malgré toutes ces sources de joie demeure en nous une insatisfaction et une tristesse permanente. Imaginez si ces sources de joie s’envolaient ?

Et puis il y a la joie qui ne dépend pas des circonstances. Quelqu’un la définit ainsi (Kay Warren, Choose Joy) : « la joie est la ferme assurance que Dieu est au contrôle jusque dans chaque détail de ma vie, la confiance calme et sereine qu’au final tout ira bien et le choix déterminé de louer Dieu en toutes choses ».  La joie est un choix. L’auteur qui a écrit cela l’a écrit avant de perdre son fils qui s’est ôté la vie. Le jour de sa mort, effondrée, elle a dit : «  je choisis la joie ». Et Paul, malgré les 1001 détresses qu’il a enduré disait : « réjouissez-vous toujours, en toutes circonstances » (Ph 4,4). Seule la présence de l’esprit de Dieu en nous peut procurer en nous cette joie qui sera toujours une joie « malgré » quelque chose (Barth). Cette joie repose sur notre assurance d’être aimé, accepté, pardonné inconditionnellement par Dieu.

  1. Les voleurs de joie et nos choix

Mais il y a dans notre vie des voleurs de joie. J’en citerai 2 et nous verrons quels ont été les choix de Marie et de Joseph dans leur situation.

A. Voleur de joie n°1 : l’anxiété

Marie fut troublée après l’annonce de l’ange. Mais ce dernier lui dit : « n’aie pas peur ! ».  Elle avait de quoi être troublée et inquiète de ce qui pouvait se passer pour elle. Enceinte de façon assez inhabituelle alors qu’elle est à peine ado, imaginant bien que cette grossesse ferait scandale, où toutes les mauvaises langues allaient se délier, tout cela en étant seule et jeune. Cette situation pouvait très bien l’effrayer et la mettre dans tous ses états.

Nous aussi nous faisons face à des circonstances de vie qui nous font peur, nous rendent nerveux. Des événements et des situations nous inquiètent au plus haut point et nous déstabilisent : un conflit familial, un divorce qui entraine une perte de repères, une santé en dent de scie, des finances difficiles, une situation professionnelle pesante voire même le chômage, etc. Notre cœur n’y est pas car l’avenir est incertain et cela nous rend anxieux.

Qu’a fait Marie ? Qu’a-t-elle choisi ? Oui Marie a eu peur, et après un temps de cheminement intérieur (cf. prédication 4/12/16) elle choisit de faire confiance en Dieu et d’accepter le plan de Dieu pour sa vie. Elle déclare : « je suis la servante du Seigneur, que tout se passe pour moi comme tu l’as dit ». Oui, c’est vrai je ne comprends pas tout ce qui m’arrive. Mais c’est dans les situations extrêmes que Dieu nous appelle à lui faire confiance et à nous jeter dans ses bras en disant « j’ai foi que tu as un plan pour moi ».

Marie accepte la situation. Elle comprend que la suite de sa vie ne sera pas des plus faciles. Mais si je crois que Dieu m’aime, alors je puis apprendre à accepter ce qui m’arrive en sachant qu’il tient tout dans sa main. Pourquoi se mettre dans tous nos états comme si Dieu n’existait pas  et n’était pas au contrôle ? J’affronterai d’autres situations difficiles. Mais je sais qu’en toutes circonstances Dieu sera avec moi et me donnera la force de surmonter les épreuves. Nous pouvons choisir de nous inquiéter ou de faire confiance. Choisir la confiance est le choix à faire pour vivre dans la joie.

B. Voleur de joie n°2 : l’amertume à cause d’une blessure

Joseph avait de bonnes raisons d’être amer. Il aime Marie, le mariage est planifié et voilà qu’il apprend qu’elle est enceinte et pas de lui ! Il a certainement dû être plein d’amertume après une telle déception et trahison ! Comment aurions-nous réagi à sa place ? Haine, colère, vengeance (la dénoncer = la lapider).  Cela nous rappelle toutes les fois où nous avons aussi été blessés dans notre vie : par un abus quel qu’il soit, par des paroles blessantes, par une confiance trahie, des coups tordus, par le rejet, etc.

Comment réagir ? Qu’a fait Joseph, qu’a-t-il choisi ? Le texte nous dit que Joseph est un homme juste et au lieu de la dénoncer, il choisit de la renvoyer en secret pour ne pas lui faire du tort. Au lieu d’opter pour la vengeance, il choisit de faire grâce et de laisser aller sa peine. Face à l’offense nous avons le choix : soit d’être amer et de laisser la plaie s’infecter par la colère qui nous anime soit de laisser aller cette colère. J’ai vu tellement de personnes rongées par l’amertume et la colère d’un passé douloureux.

Mais entretenir l’amertume et la colère ne changera en rien votre passé et n’améliorera ni votre présent ni votre futur. En ressassant amèrement notre passé, nous ne faisons du mal qu’à nous-mêmes. Nous laissons même les offenseurs nous faire du mal une 2ème fois. Gérard nous a donné des pistes pour rentrer sur le chemin du pardon. C’est un chemin de liberté, de libération. L’un des buts du pardon c’est d’apprendre à laisser aller la colère ; à nous délier des chaines qui nous retiennent émotionnellement captifs. Laissons aller l’amertume et la colère. C’est le choix à faire pour vivre dans la joie.

  1. Jésus : sauveur qui redonne la joie

Nos peurs et notre amertume volent notre joie. Mais nous sommes face à un choix : s’inquiéter ou faire confiance. Etre amer ou laisser aller la colère. De ces choix dépendent notre possibilité de retrouver notre joie. Car la joie ne peut cohabiter avec la peur et l’amertume, ce n’est pas possible ! Comment ne pas laisser ces choses nous voler la joie de Noël ? Comment vaincre peur et amertume ? En essayant par nos propres forces ? Certainement pas !

A Noël, Si Dieu nous envoie un sauveur c’est précisément parce que nous ne pouvons pas y arriver par nous-même ! Je peux décider d’être mon propre sauveur ou bien accepter un sauveur. Marie dira : « Mon esprit trouve sa joie en Dieu mon sauveur » (Lc 1,47). Confesser Jésus sauveur, cela signifie que je reconnais que je ne peux pas m’en sortir par moi-même. Pour affronter ce qui doit l’être dans nos vies nous avons besoin de l’aide d’en haut, nous avons besoin d’un sauveur. Tant que je ne laisse pas Jésus être mon sauveur et régner sur mes peurs et mes amertumes il n’y aura pas de joie possible !

L’ange annonce la venue de Yeshoua Dieu-sauve : Jésus a affronté la croix pour te délivrer de tes ennemis que sont la peur et l’amertume et te donner sa paix, son pardon, sa justice…  Il annonce la venue de l’Emmanuel, Dieu avec nous. Laissons la puissance du Saint-Esprit, la présence de Dieu en nous, nous communiquer sa joie. Noël est cette BN qui dit à quel point Dieu nous aime, Dieu est avec nous et même pour nous même et surtout au cœur de nos détresses. La joie est toujours une joie malgré.

Pour finir avec une image, la joie de Noël, loin d’être une excitation passagère qui disparait avec les difficultés sera pour nous  davantage  comme du lest qui maintient le navire stable verticalement dans l’eau. En ce Noël, laissons-nous rejoindre par l’amour et l’attention que Dieu nous porte et… qui nous porte.  Amen

Pour aller plus loin

  • Que penses-tu de la définition de la joie donnée au point 1 ?
  • Qu’est-ce qui te fait peur ? Le choix de la confiance peut nous aider ?
  • Qu’est-ce qui te rend amer ? En quoi le choix de « laisser aller » peut nous aider ?
  • Pourquoi est-ce si dur de laisser Jésus-sauveur s’occuper de nos peur/amertume ?
2017-12-11T12:11:51+00:00
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