Bulle  11/12/2016 – Divers textes (obéissance)  Mt 1,18-25 ; Jn 15,8-12 ;

 Chers amis, la semaine passée nous avons vu quel était le cheminement intérieur de Marie devant l’annonce de l’Ange. Aujourd’hui c’est Joseph qui est mis au défi de l’obéissance.  C’était loin d’être évident pour eux de dire « oui » à Dieu. D’autant qu’en l’espace de quelques instants, leurs vies ont été complètement bouleversé. Dans 1 Sm 15,22 Dieu dit qu’il préfère l’obéissance aux sacrifices. C’est donc une question importante.

 D’abord voyons un type d’obéissance qui n’est pas biblique. Beaucoup obéissent à Dieu en pensant que cela servira leurs intérêts. J’obéis à Dieu pour… qu’il réponde à mes prières, me guérisse, me bénisse. Bref, si j’en tire un bénéfice ! J’obéirai si c’est pratique, si ça me rend service, si cela me rapporte quelque chose. Imaginez un enfant qui dirait à ses parents : « ok j’obéis… si je suis sûr que la semaine prochaine tu me laisses sortir ». Dès lors qu’il y a une condition à l’obéissance ce n’est plus de l’obéissance !

Oui il y a des bénédictions qui découlent de l’obéissance. Mais Jésus a dit à ses disciples que l’obéissance serait aussi une source de persécutions ! Malgré le cout que cela représentait pour Marie et Joseph les deux ont franchi le pas. Ils ont choisi de faire ce que Dieu leur demandait et de lui obéir. Question : comment envisager l’obéissance de façon positive quand on la perçoit souvent comme une contrainte ? Qu’est-ce qui pourrait m’aider à dire aussi « oui » à Dieu de façon joyeuse et volontaire ? Voici une formule que nous pouvons retenir facilement : O = Amour + Confiance + Action

Obéissance = amour

Parler obéissance nécessite de répondre à cette question : « ma relation à Dieu se fonde-t-elle sur l’amour ou sur la peur ? ». Aujourd’hui le mot « obéir » a une connotation négative et est assimilé à la contrainte. Obéir c’est se plier contre son gré à quelque chose qui nous est imposé, par crainte d’une punition. Trop souvent les parents disent aux enfants « obéis, sinon… ». Avec Dieu nous croyons à tort la même chose : si je n’obéis pas que va-t-il m’arriver ? Obéissance et peur ne devraient pas aller ensemble. Dans 1 Jn 4/18 : « Il n’y a pas de crainte dans l’amour. L’amour parfait exclut la crainte ».

Dans Jn 15 Jésus nous invite à considérer l’obéissance dans le cadre d’une relation d’amour. L’obéissance est fondée sur la certitude que Dieu m’aime.  Dans Jean 14,15 Jésus dit : « si vous m’aimez vraiment, vous garderez/obéirez à mes commandements ». Notre obéissance découle de l’amour que nous avons en retour pour lui.

Joseph savait que Dieu l’aimait et il aimait Dieu (juste). Nous aimons Dieu parce qu’il nous a aimés le premier. Quand vous aimez quelqu’un et que vous faites quelque chose de bon à son égard, c’est au nom de quoi ? Vous mettez quoi en avant ? La valeur de votre relation ou bien le sacrifice que cela demande ? Notre engagement envers Dieu démontre la valeur de notre relation avec lui. Tout ce que nous faisons pour Dieu lui plait et le réjouit (a fortiori notre obéissance) quand cela provient d’un amour sincère pour lui.

L’obéissance est/devrait être un acte d’amour qui répond à l’amour que Dieu a pour nous. Jésus nous as aimé au point de renoncer à ces prérogatives de fils de Dieu, il a donné sa vie pour moi pour que nous soyons sauvés, pardonnés, libérés. Ph 2/5 : « Il s’est montré obéissant jusqu’à la mort sur une croix ». Jésus s’est donné lui-même totalement pour nous. Par amour. Il attend que nous donnions nous-mêmes totalement à lui. Par amour.

O = Amour + Confiance

Je peux faire confiance en quelqu’un parce que je sais qu’il m’aime et veut mon bien. Bien sûr, comme un enfant qui ne comprend pas pourquoi il faut obéir, parfois je ne comprends pas tout… Joseph et Marie étaient loin de tout comprendre ! Pour Joseph cela a remis en question toute sa vie, tout ce qu’il croyait, tout ce à quoi il s’attendait ! Ce n’était pas ainsi qu’il avait envisagé son avenir. Tout cela n’avait même aucun sens ! Ils avaient toutes les bonnes raisons de dire « non ». Le plan de Dieu va terriblement contrarier les siens ! S’il n’avait pas cet amour pour Dieu il ne lui ferait pas confiance.

Obéir peut et va nous couter : cela nous coute notre orgueil, notre désir de maitriser/contrôler notre vie. Faire confiance pour Joseph c’est refuser d’exiger de connaitre de quoi l’avenir sera fait ou d’exiger des conditions. Prenez Abraham ou Moïse : ils n’ont pas dit ok, Seigneur, je ferai ce que tu me dis si… Au mieux ils expriment des doutes quant à leurs capacités mais ils ne posent pas de conditions… Comme je disais la semaine passée quand je mets des conditions à mon obéissance, Dieu n’est pas celui à qui je me soumets, il n’est plus mon Seigneur mais simplement mon consultant. Désolé de le dire mais avec Dieu il n’y a pas d’entre-deux : soit il est le Maitre et vous êtes le serviteur ou alors il est le Serviteur et vous êtes le Maître… Faire confiance c’est renoncer à la place du conducteur… L’obéissance c’est accepter de nous mettre en mode passager… On connait le conducteur !

O = Amour + Confiance + Action

Si vous faites confiance au Seigneur et que vous croyez qu’il vous aime, les actes suivront. Considérons les choses que Dieu nous demandent peut-être en ce moment : un pardon à donner ; une habitude à changer ; une parole à prendre au sérieux concernant tel ou tel aspect de notre vie ; une voie à suivre et que nous hésitons de prendre à cause de risques, etc. Jésus dit « il ne suffit pas d’écouter, mettez en pratique ! ». Il faut se jeter à l’eau !

Considérons quelques personnes connues pour leur obéissance et  leurs engagements : Valdo, Luther, Georges Muller, MLK, Mère Térésa,… Beaucoup les ont admirés ou les admirent. Mais combien de personnes sont prêtes  à suivre leurs pas ? Quand un admirateur est ébahi et applaudit, le disciple, lui, est engagé. Si l’admirateur approuve, le disciple obéit. Un jour je suis tombé sur une image de Jésus en croix et un gars qui passe devant lui dit « j’aime beaucoup ce que vous faites ». La question qui nous est posée c’est : sommes-nous admirateurs de Jésus ou disciple ? Apprécions-nous ce qu’il est et ce qu’il fait ou sommes-nous prêts à nous engager à ses côtés pour être témoin du Royaume ? Oui : admirateur ou obéissant ?

Conclusion : Paul félicitera les Romains (16,19) parce que leur « obéissance est connue de tous ». C’est dire l’importance de l’obéissance dans la vie chrétienne. Esaïe 1/19 : Si vous êtes disposés et si vous m’écoutez (vous pourrez vous nourrir des bons produits du pays). Le Seigneur nous encourage à être toujours plus volontaires dans notre obéissance. C’est vrai que ce n’est pas toujours facile. C’est pourquoi nous avons besoin de 2 choses : d’une aide et d’une motivation/promesse :

  • L’aide du Saint-Esprit. Paul dit en Ph 2,13 que c’est Dieu qui « nous rend capables de vouloir et de réaliser ce qui est conforme à son plan».
  • Motivation: Par notre obéissance nous expérimentons la vérité de sa parole et son amour pour nous ; cela fortifiera notre intimité avec lui, développera notre confiance et notre amour pour lui. Enfin, quand un enfant a obéi, il se réjouit d’avoir réjoui le cœur de son père. Et bien notre joie et notre plaisir sera de voir à quel point notre obéissance réjouit et honore le cœur de notre Père !

Prière : Père, pardonne mes réticences à obéir à ta parole ; je ne suis pas toujours volontaire. Mets en moi le désir de t’obéir non par peur mais par amour pour toi. Je désire que mon amour pour toi et ma confiance en toi grandissent jour après jour. Par ton SE en moi, que je sois non pas un simple admirateur mais un disciple obéissant qui réjouit le cœur de son Père. Amen

Pour aller plus loin

  • Ai-je déjà obéi dans la perspective d’avoir quelque chose en retour ?
  • Ma relation à Dieu est-elle fondée sur l’amour ou sur la peur ?
  • Pourquoi ai-je du mal à faire confiance ? Dieu : Seigneur ou consultant ?
  • A quoi dois-je obéir ces temps ? Qu’est-ce que cela me coute/couterait ?

 

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