Lectures : Psaume 1; Jérémie 17,5-8; Colossiens 2,6-7

Chers amis, ce matin j’aimerais vous partager ce que j’ai vécu intérieurement cette année passée et qui je l‘espère pourra être un encouragement aussi pour vous dans votre cheminement avec le Seigneur. Fin 2017, lors de la retraite de confirmation à JEM j’ai reçu une parole d’encouragement presque prophétique : « Dieu t’emmène plus en profondeur, il veut fortifier tes racines ».  Effectivement, Dieu allait plus tard m’amener à entreprendre cette démarche spirituelle d’étendre mes racines.

Heureux celui qui met sa confiance en Dieu, il est comme un arbre planté près de l’eau dont les racines s’étendent à proximité du ruisseau…Ps 1 et Jr 17 parlent tous deux d’un arbre planté au bord de l’eau. Ils comparent ceux qui aiment Dieu et lui font confiance à un arbre qui étend ses racines vers une rivière. Cet apport en eau fraiche est la promesse de vie et de bonheur. Ce bonheur découle de notre lien privilégié, de notre intimité avec Dieu. Un bonheur qui ne dépend pas des circonstances extérieures ni de ce que je possède mais d’un cœur satisfait par la présence pleine d’amour de Dieu. Le Ps 1 nous rappelle que lorsqu’une personne chemine dans la foi et confie sa vie à Dieu, elle tire son énergie de l’eau de source divine, l’eau vive de sa parole. Et je crois sincèrement qu’alors nous devenons plus joyeux et confiants.

En octobre 2018 j’écris dans mon carnet de bord spirituel ce qui ressort d’une méditation : « nourris la racine et tu auras du fruit ». En effet, l’essentiel n’est pas de se concentrer sur les fruits mais sur les racines d’abord. J’ai donc prié dans le sens d’un enracinement. Et Dieu bénit et exauce toujours ce que nous demandons selon sa volonté !

Les 1ères années l’arbre se concentre sur son propre développement et l’accroissement de ses racines et de ses feuilles. Sa priorité consiste à renforcer ses branches et leur capacité à porter des charges plus considérables. Pas besoin de faire une fixation sur les fruits. Car les fruits viendront d’eux-mêmes. On pensera au fruit de l’esprit. Difficile de porter du fruit quand l’apport en eau et en éléments nutritifs est insuffisant.

C’est parfois un échec, une blessure, un événement qui vous pousse à regarder aux racines… vous réalisez alors qu’elles n’étaient ni assez solides ni assez profondes. Au lieu d’être un arbre  épanoui le Ps 1 dit que nous pouvons être de la paille sèche, matière inerte et sans attache qui s’envole. Chez Jérémie l’image des racines redit l’urgence et le besoin d’un retour à Dieu et à mettre notre confiance en Lui. Oui, il est temps de revenir vers Dieu, de trouver en lui ce qui fait vivre.

Un homme raconte qu’il se trouvait un jour au bord d’un champ de blé et vit un cultivateur sur une planche tirée par un cheval qui froissait et brisait les petites tiges qui dressaient leurs feuilles vers le ciel. Pourquoi fait-il cela ? Il lui répondit : c’est pour rendre le développement de la plante plus difficile afin d’obliger ses racines à s’enfoncer plus bas pour chercher les sucs nourriciers. Sans cette opération, elles resteront en surface, les premières chaleurs les dessècheront et la récolte sera perdue. Ce que nous croyons être un étape difficile de vie, du gâchis, Dieu l’utilise pour du mieux…

Un an après JEM, en novembre 2018, à la fin d’un entretien avec un pasteur et sa femme, cette dernière me dit : « je te vois comme un arbre avec de grandes branches et des racines ». Décidemment, ça me poursuit. Voilà une belle promesse ! Cet arbre est le symbole d’épanouissement et de maturité spirituelle.  Cette image, malgré mes difficultés du moment, montrait ce que Dieu voulait pour moi.  Ce qu’il veut pour nous.

En effet nous sommes tous appelés à ne pas en rester là de notre vie spirituelle. Dieu veut nous amener plus loin. Plus en profondeur. Vers plus de maturité spirituelle ET émotionnelle c’est-à-dire dans la capacité à vivre de meilleures relations avec Dieu et surtout avec les autres. Les deux vont de pair. Cette maturité n’est possible que si nous donnons au Saint-Esprit notre accord pour travailler en nous. Il ne nous demande pas plus d’eforts, mais notre accord. Cette maturité acquise au travers des épreuves est aussi source de joie et de bonheur intérieurs.

***

L’hiver dernier une personne m’a offert un livre sur le bonheur  où il est question d’arbre, racines, fruits ! Elle ne connaissait rien de ma démarche spirituelle. Ca alors, quel clin d’œil encore de la part de Dieu ! J’ai lu dans ce livre le rôle important des racines qui a une fonction éminemment stratégique :

La 1ère fonction : c’est que les racines permettent à ancrer l’arbre au sol et à lui donner une assise solide, capable de résister aux tempêtes. Un arbre ne résistera pas à une tempête ou à une période plus longue de sécheresse si ces racines ne plongent pas loin dans le sol. Elle nous permet de tenir ferme avec assurance et confiance malgré les circonstances et difficultés. S’enraciner c’est trouver en Dieu un nouvel équilibre, une force et une stabilité nouvelle.

La 2ème : à ravitailler l’ensemble de la structure de l’arbre en tirant du sol et délivrant jusqu’aux extrémités eau et nutriments. L’arbre doit pouvoir tirer les éléments nutritifs en quantité suffisante. Sans racines, l’arbre manque d’eau, ne peut s’épanouir : nous avons du mal à nous épanouir et nous menons une vie désertique.

La 3ème assure la transition entre les saisons ; en hiver elle stocke dans le sol la sève pour la redistribuer au printemps lors de l’émergence des feuilles. Chacun y verra ce qu’il veut spirituellement parlant.

La solidité mais aussi la santé d’un arbre sont donc dépendantes de la quantité et de la qualité de ses racines.  Quelques soient les conditions extérieures si les racines sont malades ou inefficaces l’arbre ne se portera pas bien. Mais si les racines sont bien développées et ont accès à une source riche et illimitée, alors l’arbre n’a rien à craindre même en cas de sécheresse. La sécheresse arrive mais je peux traverser la crise et même faire bénéficier les autres d’une partie des fruits que nous portons pour le Seigneur.

De même le volume des branches d’un arbre est proportionnel à l’expansion de ces racines. Plus il est grand et majestueux plus ses racines sont profondes et étendues. Ce qu’on voit à l’extérieur est le résultat de ce qui se passe en sous-sol, au niveau de ces racines invisibles et pourtant essentielles à cette croissance. C’est donc dans l’invisible, dans le secret de la relation à Dieu que tout se joue. Il faut donc cultiver cette réalité intérieure, plus secrète et intime, travailler à notre réseau souterrain spirituel.

Etendre ses racines est un processus qui  prend du temps. Cela ne se produit pas par nos propres forces, mais c’est rendu possible par notre « oui » à Dieu. Seul un travail patient dans la prière, la méditation de la Parole, la repentance, l’adoration, l’écoute de Dieu dans le silence, certains renoncements, surtout le désir de grandir en lui nous permettent de sentir presque physiquement cet enracinement se produire en nous.

***

Enfin, s’enraciner oui mais dans quel sol ? En Colossiens, Paul illustre sa pensée avec l’idée d’une foi enracinée en Christ. De même que les plantes tirent leur nourriture de la terre grâce aux racines, de même nous puisons en Christ la force qui nous vivifie. Enracinés en Christ, nous sommes nourris de sa propre vie et plantés solidement en Lui. Etre enraciné en Christ nous permet non seulement d’être stable, de tenir ferme face aux mensonges, aux difficultés, épreuves. Mais aussi de faire les bons choix, de rester saint, de conserver une attitude conforme à sa volonté, de demeurer dans son amour, de grandir à sa ressemblance.

Pour terminer, certains me demanderont où j’en suis dans cet enracinement !? L’essentiel est de persévérer dans ce cheminement. S’enraciner est un processus progressif et continuel.  Mais en mars dernier, à la fin d’un culte dans le Jura, j’ai demandé la prière, juste comme ça. J’ai dit « laissez-vous inspirer » et la personne qui ne me connaissait pas a eu cette image : celle d’une jolie fleur dont les racines plongent en profondeur. Ce n’est pas un arbre, certes…mais moi, cela m’a encouragé ! Allons à la source et cultivons notre réseau souterrain spirituel. Malgré chaleur et sécheresse nous restons le feuillage vert. Nous porterons du fruit. Un fruit qui demeure et du fruit en abondance (qualité et quantité). Celui d’un amour tjrs plus fort pour Dieu et les autres.  Un amour qui nous nourrit. Et nourrira ceux qui, comme les oiseaux, viendront nous rencontrer à l’ombre de nos branches !

Prière : Père, tu dis dans ta parole que celui qui met sa confiance en toi tu le bénis. Nous voulons être de ceux qui plongent leurs racines pour aller y puiser l’eau et les nutriments dont nous avons besoin pour devenir un arbre qui porte du fruit. Enracine-nous en Christ qui donne force et vivifie. Nous désirons grandir en maturité et trouver en toi notre vraie joie et bonheur. SE, travaille en nous dans le secret de notre terre intérieure, nous te donnons notre accord. Porterons fruit qui demeure : amour

 

X