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Église Évangélique Réformée

Paroisse de Bulle – La Gruyère

Bulle 26-07-20 – série versets mal utilisés : Je peux tout par Christ qui me fortifie. Ph 4,13

 Chers amis, pour comprendre un verset il faut toujours le lire dans son contexte, regarder les versets environnants et comprendre l’intention initiale de l’auteur. Un des versets les plus mal utilisés est Ph 4,13 dont la traduction la plus proche du grec est : « je peux tout en celui qui me rend fort ». On retrouve bcp ce verset sur des cartes, des t-shirts, etc.  Parfois on retrouve même ce verset abrégé en « je peux toute chose ».  Ce qui peut vraiment prêter à confusion.

Qu’est-ce que ce verset ne veut en tout cas pas dire ?

Beaucoup de chrétiens utilisent ce verset pour encourager leurs amis dans la foi. Sous prétexte que Christ est en nous, qu’il est notre force, ce qui est vrai, ils pensent que ce « tout » dans « je peux tout » signifie littéralement tout et n’importe quoi. Ce n’est pas une approbation générale que Dieu soutiendra tout ce que nous entreprenons et nous permettra de faire toutes les choses impossibles que nous pouvons imaginer. Paul n’a jamais dit qu’il pouvait tout accomplir, qu’il avait la capacité surhumaine de faire ce qu’il voudrait. Il ne s’agit pas de croire que nous pourrions accomplir tout objectif personnel, qu’il soit professionnel, personnel, physique, ou de réaliser tous les buts que nous nous sommes fixés !  Il ne s’agit pas de tout ce que nous avons décidé de faire, mais bien ce que Dieu nous appelle à faire.

Quel est le contexte de ce verset ? Que voulait dire l’auteur ?

L’apôtre Paul est assigné à résidence en attendant son procès, où il pourrait être mis à mort pour avoir prêché la résurrection de Jésus. Cependant, au lieu d’être vaincu par des circonstances malheureuses, Paul profite de cette occasion pour enseigner à la jeune église de Philippes qu’il peut supporter toutes les circonstances – des hauts et des bas – parce que Christ lui en donne la force. Paul ne peut pas tout mais dans ce « tout » il faut entendre tout ce qu’il va endurer pour la cause de Christ et de la BN. Cela signifie quoi ?

Il peut, grâce à Christ, se contenter de chaque état ; il sait comment se comporter dans l’adversité et la prospérité, au milieu de la pauvreté et de l’abondance ; il peut faire face à tous les devoirs qui lui incombent en tant que chrétien et apôtre ; il peut supporter toutes les afflictions, les reproches et les persécutions ; il peut prendre soin de toutes les églises ; il peut travailler plus abondamment que d’autres à prêcher l’Evangile ; il peut supporter la prison voire même la mort pour l’amour du Christ…

Derrière ce « tout », il faut entendre « tout cela », càd des choses spécifiques liées à son ministère. On pourrait aussi dire « je peux accomplir tout le ministère que Dieu m’a confié et qui inclut des saisons et des situations difficiles, et ce non pas par moi-même, mais par Christ qui me fortifie ». Paul était capable de s’adapter à toutes ces choses (pauvreté, coups, solitude, prison, etc.). Non pas qu’il n’en souffrait pas. Dieu lui donnait l’endurance et la vigueur nécessaires pour les supporter là où d’autres auraient abandonné.

La part de Dieu et celle de Paul

Par celui qui me fortifie. Cela veut bien dire ce que cela veut dire. Paul n’est pas tout puissant en et par lui-même. Il tient cette capacité de supporter toutes les saisons et toutes les situations grâce à la force et la présence du Saint-Esprit qui est toujours avec lui. Car si un homme était bien conscient de sa propre faiblesse et de l’impuissance de la nature humaine c’était bien Paul ! C’est pourquoi Paul encourageait les chrétiens à ce qu’ils soient forts dans le Seigneur et puissants de la puissance de Christ et dans la grâce qui est en lui ; il les encourageait toujours à dépendre de Christ comme Paul était dépendant de Christ. Il dépendait de la puissance et de la grâce de Christ pour faire ce qu’il avait à faire. Il n’accomplit ce ministère que par les forces que Christ lui donne.

Cela ne veut évidemment pas dire que Paul aurait pu survivre indéfiniment dans le désert sans manger ni boire ! Mais quand il est confronté à l’impossible, Dieu intervient et lui infuse une force surnaturelle intérieure qui lui permet de surmonter les pires circonstances. Le prophète Ésaïe 40.29-31 explique ce phénomène de la façon suivante : L’Éternel donne de la force à celui qui est fatigué et il augmente la vigueur de celui qui est à bout de ressources. Les jeunes gens se lassent et ils s’épuisent, et même de robustes gaillards tombent, mais ceux qui comptent sur l’Éternel renouvellent leur force : ils prennent leur envol comme de jeunes aigles ; sans se lasser, ils courent, ils marchent en avant, et ne s’épuisent pas.

Si Paul peut toutes ces choses c’est bien grâce au Christ qu’il le doit.

Cependant, si Paul n’est pas dépendant des circonstances et qu’il s’y adapte c’est qu’il a aussi fait sa part de travail. En effet au verset 11 Paul dit qu’il a « appris à être satisfait de sa situation ». Le verbe apprendre signifie « acquérir par l’expérience ». Ce n’est pas quelque chose qui est venu directement avec sa conversion. Il a dû faire l’expérience de nombreuses difficultés afin d’apprendre le contentement notamment. Le mot grec pour contentement signifie autosuffisant ! Christ seul lui suffit et il n’a donc pas besoin de dépendre de substituts extérieurs pour être heureux.

Au verset 12 il dit qu’en toutes circonstances « il a appris à être rassasié et à avoir faim ». Le verbe utilisé ici est différent et signifie « être initié dans le secret ». Ce mot était utilisé par les religions païennes pour l’initiation à leurs mystères au travers d’une série d’épreuves peu agréables pour le candidat. Ainsi, par l’épreuve et la souffrance, Paul était initié aux secrets du contentement, à être satisfait quelle que soient les circonstances. Il a appris à faire confiance à Dieu et à dépendre de sa puissance plutôt que sur les siennes.

Hudson Taylor était missionnaire en Chine au 19ème. Il travaillait avec ardeur et faisait confiance à Christ pour répondre à ses besoins mais il n’avait ni joie ni liberté dans son ministère. Un jour il reçut une lettre d’un ami qui l’a encouragé à faire confiance en Christ : « ce n’est pas en faisant confiance à ma propre fidélité mais en tournant mes regards vers le fidèle ! ». Ce fut un tournant décisif dans sa vie et à chaque instant il recourait à la puissance du Christ pour chaque tâche de la journée et cette puissance le faisait avancer.

Que signifie vraiment ce verset pour nous aujourd’hui ?

Ok, nous ne sommes pas tous des Hudson Taylor ni des Paul. Mais nous sommes chrétiens, appelés à témoigner et vivre de l’Evangile. Si nous acceptons cela nous rencontrerons de la résistance de la part d’autres personnes ou de l’ennemi. Être chrétien ne signifie pas être épargné par les difficultés, au contraire. Nous n’y échapperons pas. Moquerie, rejet, tentations, accusations…Peut-être pas tout ce que Paul a subi mais nous connaitrons l’épreuve. Notre engagement et notre fidélité nous couteront. Comme il coute à tant de chrétiens persécutés dans le monde.

Dans les résistances, les oppositions ou difficultés que nous rencontrerons pour lui, il promet d’être en nous et avec nous pour accomplir ce qu’il nous demande et que nous ne pouvons pas accomplir par nous-même. Par son Saint-Esprit càd la présence, la force et la puissance de Christ en nous, il nous rend capable d’affronter ce qui doit l’être. Il nous rend capable de vivre dans le contentement. Il nous rend capable de ne pas dépendre des circonstances ou des choses pour être heureux. Il nous rend capable de ne pas désespérer. Il nous rend capable de tenir et rester ferme. Il nous rend capable d’être fort de SA force.

Il est celui qui fortifie. On ne peut rien par nous-même. Jésus nous enseigne quelque chose de semblable dans l’évangile de Jean avec l’image du cep et des sarments. Le sarment ne porte pas de fruit par ses propres efforts mais il tire sa vie du cep. Sans moi vous ne pouvez rien faire dit Jésus. Jésus nous invite à maintenir notre communion avec le Christ, c’est lui qui nous rend vainqueur. 

Conclusion : Vainqueur sur toutes choses…mais pas n’importe lesquelles. Comme je l’ai dit il ne s’agit pas d’une force capable de faire tout et n’importe quoi. Toutes ces choses c’est plutôt celles que nous voudrions éviter ! Celles qui nous font avoir besoin de sa force ! Le Christ vient nous fortifier pour accomplir ce qu’il nous demande, pour défendre notre foi, quand nous rencontrons des difficultés, des pressions et des épreuves dans le cadre de notre appel. C’est à ce moment-là que nous ferons l’expérience du Dieu tout suffisant dans nos faiblesses. C’est dans ces moments-là que Dieu montrera sa force parfaite dans nos faiblesses et ce pour sa plus grande gloire. C’est seulement dans ces circonstances que nous pouvons dire « je puis toutes ces choses par Christ qui m’en donne la force ». Amen

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