Prédication sur Actes 9.10-20 et 2Rois 5.1-8.

Etre un minus qui croit à l’impact de la puissance de salut de Jésus.

Qui parmi nous n’a jamais rencontré sur son chemin une personne qui lui a donné une chance ou une nouvelle perspective, ou une grâce ? Sans y avoir été obligé, par pure bonté. La personne qui pose un geste  apparemment normal dans ta vie, mais important pour toi, qui a changé quelque chose pour toi. Peut-être une parole d’encouragement à un moment charnière de ta vie. Ou bien quelqu’un qui a cru en toi à un moment où tu ne voyais rien de bon dans ta vie. Une personne qui peut-être a été comme sauveur dans ta vie puis a disparu. Une personne qui t’a peut-être permis de naître à toi-même. Ou la personne qui t’a ouvert les yeux sur la réalité de Jésus. Bref… un ou une Ananias.

Ananias fait partie somme toute des minus du casting biblique. En effet, on n’en parle que dans ce chapitre 9 des Actes. Il est juste celui qui a prié pour Paul; puis il disparaît du récit. Et la petite otage israélite, anonyme, devenue esclave dans la maison de Naaman, elle aussi n’occupe que 2 versets dans la Bible, et sa suggestion enfantine vaut la guérison à Naaman.

Il est bon de s’arrêter sur ces minus car nous ne pouvons vraiment pas nous faire des complexes d’infériorité devant eux. Ils sont des gens tellement normaux, comme nous. Ce qu’ils font, ce qu’ils sont, nous pouvons aussi le faire et l’être. Ces croyants sont minus par la place qu’ils occupent dans la Bible mais pas par leur impact dans la vie de l’autre. Voyons donc en quoi ils peuvent nous stimuler, nous encourager ou nous lancer un défi qui est à notre portée.

Tout d’abord, ils ont un point commun : les deux ont manifesté obéissance ou bonté sans s’occuper de à qui ils le faisaient. Ils n’ont pas considéré les mérites ou la dignité du destinataire de leurs actes. Pas pour rien que le nom Ananias signifie Dieu fait grâce.

  • le petite otage israélite semble être prise de compassion pour son maître Naaman. Pourtant Naaman est le général de l’armée syrienne responsable de son enlèvement. Et quand on sait qu’une fois guéri par le prophète Elisée Naaman n’aura pas de scrupule de continuer la guerre contre Israël… Cette petite otage semble indifférente à la géopolitique. Elle voit juste Naaman et le salut que le Dieu d’Israël pourrait lui offrir. C’est tout. Et elle suit son coeur d’enfant.
  • Ananias, quant à lui, se permet d’interroger Dieu pour le mettre au courrant des dernières nouvelles qu’Il ignore peut-être: les disciples de Jésus sont l’ennemi numéro 1 de Saul… il arrive à Damas pour les emprisonner; le Seigneur ne se serait-il pas trompé? Jésus reçoit l’objection et répond. Ananias obéit, prenant le risque de se faire arrêter par Saul. Et ce qui frappe c’est qu’Ananias ne dit rien à Saul de ce que Jésus lui a révélé sur son avenir. Le lui dire aurait pipé les dés. Il prie pour Paul et accepte de rentrer ensuite dans l’ombre. Sa prière est ce qui va ouvrir les yeux de Paul et va être son 1er pas dans la carrière d’apôtre.

Ces 2 minus se laissent utiliser par le Seigneur pour être agents transmetteur de Sa Grâce, c-à-d d’une bénédiction qu’ils ne méritent pas. Ils se laissent utiliser pour que par eux le projet de salut du Seigneur atteigne ceux que Jésus leur met à coeur. Mais, et c’est important: ils ne font pas  main basse sur eux. Ils ressemblent en ce sens à Jésus. Ils laissent au Seigneur le soin d’évaluer la gratitude ou la suite qu’ils donneront à cette grâce.

Etre canal de la grâce pour ceux que Dieu nous met à cœur sans devenir le contrôleur surveillant de ce que cela va donner. C’est aussi une chose que nous sommes appelés à faire.

Penchons-nous plus en détail sur Ananias. Que sait-on de lui?

  • il est un disciple de Jésus, c-à-d quelqu’un qui suit le chemin du Seigneur. Paul le qualifiera, dans Actes 22,13, d’homme pieux, respectueux de la Loi juive et estimé des Juifs de Damas. Donc Ananias est un disciple de Jésus qui n’a pas cassé la synagogue (pas fait la révolution). Il vit sa foi, son attachement à Jésus au milieu des siens. Dire qu’il est disciple n’est pas anodin. Il est disciple, pas juste croyant. Il se met à l’écoute de Jésus pour ensuite obéir, c-à-d essayer de conformer sa vie à Christ. Ecoute et obéissance caractérisent le disciple. Il connaît Jésus d’expérience. Il a l’habitude de prier, d’écouter ensuite, et puis d’obéir. Ecouter la voix du St.Esprit en lui. Cela le rend disponible pour avoir une vision de Jésus.

Etre sensible à ce que Jésus attend de nous pratiquement et concrètement. Voilà un défi. Laisser Jésus nous mettre à coeur ceux qu’il aimerait toucher par nous; ceux auxquels il aimerait révéler son salut. Se disposer à laisser Jésus nous les mettre à coeur. Dire: Seigneur mets-moi à coeur qui tu voudrais bénir. Non pour que cette personne s’attache à toi… mais pour la laisser ensuite libre de s’attacher à Jésus.

Homme de vision, Ananias est aussi homme d’obéissance. Non sans combat. Il exprime ses peurs et ses réserves au Seigneur. Car la vision le met dans une situation inconfortable. Quand Jésus nous donne une vision, une parole, une pensée… c’est parfois pour nous pousser hors de notre zone de confort, hors de ce que nous pensons être raisonnable, dans la norme. Il y a prise de risque. Ne fut-ce que le risque de se retrouver risible et ridicule. Mais vous voyez… là est le combat spirituel d’Ananias et de la petite otage: risquer la rencontre avec Saul et une réaction malveillante, risquer de voir Naaman revenir sans avoir été guéri. Mais oser le pas quand même. Peut-être sera-ce juste une personne à qui téléphoner pour lui donner une parole de bénédiction.

Ces personnages nous interpellent. Nous ne sommes peut-être pas appelés à changer le monde entier, à être des apôtres, des saints parfaits, des exaltés ou des originaux de la foi chrétienne; mais nous sommes appelés à être des transmetteurs, non d’une doctrine ou théorie religieuse, mais de la réalité du salut en Christ Jésus. Nous sommes appelés à la partager à des individus. Osons dépasser le stade de gentils croyants bien tranquilles dont la foi reste privée et secrète. Osons le pas de devenir canal de la puissance de salut du Seigneur pour d’autres. C’est aussi dans cet esprit que certains d’entre nous se mettent à votre service pour la prière après le culte. Peut-être n’aurons-nous d’impact que dans la vie d’une seule personne qui elle aura ensuite un impact plus grand. Et nous sommes appelés à surmonter nos réticences et nos peurs pour cela. Voilà le défi que nous présente Ananias et la petite otage, deux minus du casting biblique.

Amen.

 

 

 

 

2018-03-22T14:14:11+00:00
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