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Cultes tous les dimanches à 10h au Temple

Église Évangélique Réformée

Paroisse de Bulle – La Gruyère

Prédication sur Luc 12,15-34 et Apoc 3,14-20 / Pro 23,4-8.

Covid19 et redéfinition de notre rapport à la richesse matérielle.

Chers amis,

J’aimerais poursuivre cette série de prédications sur ce que nous pourrions tirer de cette période marquée de coronavirus. Mais, rassurez-vous, sans me focaliser sur l’épidémie.

Cette pandémie a chamboulé nos habitudes de consommateurs en ses débuts : rayons de supermarchés vides, magasins fermés, services suspendus, etc. L’irruption de cette maladie a dévoilé une autre maladie, celle d’accumuler, celle de la peur de manquer, celle de la futilité et du caractère superflu d’une grande partie de notre consommation. Elle a peut-être fait prendre conscience à certains que ce qui paraissait aller de soi, être banal, comme le fait de trouver tout ce dont nous avons envie et croyons avoir besoin au magasin, ne va pas de soi, somme toutes. Soudain, cette prospérité et cette abondance que nous avions érigée en sécurité étaient remises en question. On peut espérer que nous saurons valoriser d’avantage le fait de ne rien manquer.

Et justement, la Bible en général, et Jésus en particulier s’attardent souvent sur notre rapport à l’avoir, notre rapport à la richesse et à l’argent. Et j’aimerais m’arrêter avec vous un instant là-dessus.

Tout d’abord pour dire que la Bible et Jésus ne condamnent pas la richesse, l’abondance matérielle en soi. Abraham était riche, Salomon était riche, Job était riche, Joseph était prospère, Paul devait être issu d’une famille aisée. Jésus et ses 12 disciples bénéficiaient du sponsoring de femmes riches. De plus dans les paraboles en lien avec la richesse, comme celle de ce matin, la richesse n’est pas remise en cause. Ce qui est remis en cause c’est l’emprise, le pouvoir exercée par elle sur ceux qui la détiennent. Voyons rapidement en quoi consiste cette emprise.

Dans le SM, Jésus compare l’argent à une idole, Mammon. Plusieurs commentaires[1] expliquent qu’une idole c’est une puissance spirituelle qui mobilise notre désire, oriente le sens de notre vie. Cette idole induit une relation s’apparentant à un amour totalitaire[2] entre elle et celui ou celle qui se laisse séduire. Cela signifie qu’il n’y a plus que ça qui compte.

Jusqu’au covid19, le bien-être matériel, la course à la croissance semblaient être tout ce qui comptait.

Ce qui m’interpelle d’avantage, et qui ressort de la parabole de Jésus et de la lettre à Laodicée dans l’Apocalypse, c’est que finalement, le modèle matérialiste et consumériste qui nous façonnent fausse notre sens de la réalité, le pervertit et le déforme. Et cela devrait nous alerter. Regardons cela de plus près.

Le riche insensé de la parabole tire de son bien-être matériel un faux sentiment de sécurité et de maîtrise de l’avenir. Maintenant que j’ai réussi à accumuler assez, je suis tranquille pour voir venir l’avenir et je peux enfin de reposer, pense-t-il. Grande erreur : la mort t’atteindra sans considération pour tes biens. La pandémie a fait ressurgir cette peur de la mort devant laquelle le faux sentiment de sécurité induit par un milieu où rien ne nous manque s’est évaporé du jour au lendemain. Cela peut nous interroger et c’est un défi pour chacun et chacune.

Cela rejoint ce qu’un auteur disait : Depuis que le péché a enlevé aux hommes la confiance en Dieu qui donne à chacun, chaque jour, ce qui lui est nécessaire, le désir d’accaparer et d’amasser s’est enraciné dans le cœur des hommes[3].

Après avoir traversé cette épidémie, notre regard sur le matériel changera-t-il ? Qu’est-ce qui alimentera notre confiance en l’avenir ?

Le riche insensé nous montre encore que son bien-être matériel lui donne un faux sentiment de liberté. Il peut enfin jouir de la vie (Luc 12,19). Mon bien-être matériel me permet de faire ce que je veux. Je n’ai plus de contrainte ou moins. Nous avons vu à quel point cela est fragile et sujet à caution durant cette épidémie. Dans certains pays, tous confinés à l’intérieur de leurs 4 murs, riches ou pauvres. Ce qui peut nous interroger sur notre idée de la liberté. Qu’est-ce que pour nous la liberté ? Où trouveras-tu la vraie liberté ? Qu’est-ce qui te donne ce sentiment de liberté ? L’aisance matériel ? Autre chose ? Sur quoi s’appuie ce sentiment de liberté ?

Et à Laodicée, la richesse matériel donne un faux-sentiment de puissance, de réussite et de domination de la vie. J’ai fait de bonnes affaires, je ne manque de rien. Je suis actif, je bosse, je vois les choses comme elles doivent l’être, je sais trouver mon chemin dans la vie, je me débrouille fort bien. Je suis sûr de moi, je suis quelqu’un. Jésus n’est pas tendre avec Laodicée : Ma pauvre, tu ne vois pas ta vulnérabilité, ta nudité, ta cécité et ton ignorance des choses ! De plus, à Laodicée, l’aisance matérielle semble être un critère pour s’évaluer les uns les autres. Interrogeons-nous nous-mêmes : Quelle place joue l’argent dans tes relations aux autres ? Dans quelle mesure l’argent joue un rôle dans le mépris que tu montres à ton prochain ou dans l’importance que tu lui accordes ? C’est quoi qui te donne un sentiment de puissance, de réussite ?

L’épidémie du covid a révélé au grand jour l’obsolescence de notre modèle de société. La Parole de Dieu l’avait déjà annoncé bien avant. Elle nous encourage à aborder cette question du bien-être matériel entre autres de 2 manières.

La 1ère, c’est en contemplant notre propre mort. Intéressant de voir que les pères du désert disent que la vraie manière de devenir riche naît quand nous savons contempler chaque jour notre mort, quand nous sommes conscients qu’avant la fin de cette journée nous pourrions avoir quitté cette vie. Si tu devais mourir avant 19h ce soir… qu’est-ce qui serait important pour toi jusque-là ? C’est un peu ce que Jésus essaie de dire au riche insensé.

Nous l’avons vu, avec l’éventualité de la mort que les médias nous répétaient soir après soir, nous avons fait l’expérience d’autres richesses, d’autres bien, d’un autre rapport à l’aisance matérielle, d’un autre rapport aux autres personnes aussi. Se souvenir que nous mourrons et que ça peut arriver quand on y pense le moins, remodèle nos priorités et nos essentiels.

2°, la Parole de Dieu nous encourage à aborder l’aisance matérielle en pratiquant la sobriété, la simplicité ou comme dit Hans Küng dans Etre chrétien[4], en cultivant un esprit de pauvreté. Ce qui rejoint la parole de Jésus dans Luc : Heureux, vous les pauvres, car le Royaume de Dieu est à vous (Luc 6,20). Il y a là une forme de renoncement volontaire au superflu, à l’accumulation inutile, à l’hyperconsommation. Pour goûter aux essentiels de la vie. Je suis sûr que durant ce semi-confinement, vous avez découvert pouvoir vivre avec moins que d’habitude et sans en souffrir. Jean-Guilhem Xerri, médecin et psychanalyste nous encourage à penser la sobriété non en terme de privation, mais en terme de libération[5], afin de découvrir ce qui nous fait vivre réellement, ce qui nous remplit de joie et de paix réellement. Pour nous ce sera une libération, une liberté nouvelle aussi dans nos relations.

Le confinement a redessiné les contours de notre vie. En voyant mieux ce dont nous pouvons nous passer, nous découvrons comment rendre la vie plus humaine et peut-être plus connectée au Seigneur[6] et aux autres.

Amen.

 

[1] Entre autres : Jacques Ellul dans son livre L’homme et l’argent, cité par Stéphane Lavignotte, Jacques Ellul, l’espérance d’abord, Olivétan, Lyon, 2012, p.33. Voir aussi: Ed René Kivitz, Talmidim 52, Mundo Cristão, São Paulo, 2016, p.54-55.

[2] Expression d’Ellul.

[3] Alain Nisus, Vivre en chrétien aujourd’hui, Maison de la Bible, 2015, p.462.

[4] Hans Küng, Etre chrétien, Seuil, 1974, p.700. Ci-dessous le texte complet du paragraphe, p.696-700.
Liberté par rapport aux incitations à consommer
Jésus invite ses disciples à faire preuve de liberté intérieure vis-à-vis de la possession (ou de la consommation). II est vrai qu’aucune renoncia­tion de principe à la possession et à la consommation n’est imposée à celui qui veut, dans son comportement, s’inspirer en définitive de Jésus-Christ. Mais, dans des situations bien concrètes, il lui est offert, comme une chance, de réaliser cette renonciation en considération de sa liberté et de celle d’autrui.
Songeons au problème de la croissance économique. En dépit de tous les progrès réalisés, notre société de concurrence et de consommation s’enferre toujours plus avant dans ses contradictions. Appuyée sur une théorie économique universellement célébrée, sa devise est de produire toujours plus pour pouvoir consommer toujours plus; et de consommer toujours davantage pour que la production ne s’effondre pas, mais conserve son rythme d’expansion. Ainsi le niveau de la demande est sans cesse maintenu au-dessus du niveau de l’offre par la publicité, par les leaders et par les modèles de consommation. On en veut toujours davantage. De nouveaux besoins sont créés dès que les anciens sont satisfaits. Les produits de luxe sont déclarés d’usage indispensable afin d’ouvrir un marché à de nouveaux produits de luxe. Les objectifs du niveau de vie individuel s’élèvent en même temps que les progrès de l’offre. L’exigence de bien-être et d’un niveau de vie satisfaisant s’est dynamisée. Conséquence inattendue : même avec des revenus réels en croissance constante, le citoyen moyen a l’impression de n’avoir guère de ressources dont il puisse librement disposer et de vivre vraiment au niveau du minimum vital.
Au demeurant, la société industrielle de bien-être et, dans une large mesure, les économistes eux-mêmes partent du postulat qu’une prospérité croissante crée un bonheur croissant, que la faculté de consommer est l’indicateur décisif d’une vie réussie. La consommation devient à nos propres yeux et devant la société la manifestation de notre statut personnel, de sorte que les attentes oscillent alternative­ment selon la loi de l’instinct grégaire, du prestige et de la concurrence. On est ce que l’on consomme. On est plus, quand on a atteint un niveau de vie plus élevé. On n’est rien, quand on reste au-dessous de la situation assignée au commun des mortels. Bref, si nous voulons un avenir meilleur, il nous faut produire et consommer toujours davantage. Tout doit toujours se développer, s’accélérer, se multi­plier. C’est la loi implacable de la croissance économique.
Mais, d’autre part, on reconnaît de plus en plus aujourd’hui que, dans les nations industrialisées, les présupposés de cette loi écono­mique sont dans une large mesure périmés. Ce n’est plus de vaincre la pauvreté et la pénurie des biens qui est notre premier et notre plus important souci; car, dans les pays hautement industrialisés, cette condition nécessaire pour une vie humaine est remplie en règle générale. C’est pourquoi ceux qui réclament seulement du pain, seulement des biens et des produits de consommation ne convainquent plus beaucoup de monde. D’un côté, les vieux efforts pour supprimer la pauvreté se muent, dans une spirale sans fin, en manifestation de besoins crois­sants chez les consommateurs et en création de besoins croissants par les producteurs. D’un autre côté, certains groupes de notre société mettent de plus en plus en lumière qu’il existe, à côté des besoins économiques primaires envisagés jusqu’à présent, des aspirations d’ordre secondaire et tertiaire qu’on ne peut plus satisfaire par les biens que produit l’économie globale. Les possédants eux-mêmes ne sont pas devenus plus heureux du seul fait de la prospérité maté­rielle. C’est précisément parmi la jeunesse habituée à consommer que se propage de plus en plus largement une réaction d’ennui et d’écœurement née de l’absence de finalité, mais aussi un sentiment de malaise face à une existence exclusivement orientée vers la crois­sance de la consommation.
Enfin, la loi de la croissance économique illimitée crée aussi un fossé de plus en plus large entre pays riches et pays pauvres et exaspère, chez les défavorisés de l’humanité, les sentiments d’envie, de ressenti­ment, de haine mortelle, quand ce n’est pas tout simplement de déses­poir et de détresse. Du reste, cette évolution se retourne finalement contre les possédants, comme on l’a suggéré au début de ce livre. Dans nos villes vouées à une croissance apparemment indéfinie, nous souffrons de plus en plus d’une circulation proliférante, du bruit qui vient de toute part, de l’air vicié, de la pollution des fleuves et des lacs. Nous nous inquiétons de la liquidation de nos montagnes de beurre et de viande et nous sommes submergés par les ordures et les déchets de notre propre bien-être. Les matières premières exploitées sans ménagement et de plus en plus massivement commencent à se faire rares dans notre sous-sol; le problème d’une économie mondiale en continuelle expansion devient impossible à maîtriser.
Que faire dans ces circonstances ? On se limitera à nouveau à quelques brèves remarques.

  • Le message chrétien ne livre pas de solutions techniques en matière de protection de l’environnement, de répartition des matières premières, de planification nationale, de lutte contre le bruit, d’élimination des déchets, d’amélioration des structures quelles qu’elles soient. Nous ne tenons du Nouveau Testament aucune indication sur les moyens de combler le fossé entre pauvres et riches, entre nations industrialisées et nations industriellement sous-développées. A fortiori, le message chrétien ne saurait proposer de modèles et d’instruments de décision pour résoudre les énormes problèmes que soulève un changement de cap, notamment le gel, d’ailleurs malaisé, des économies nationales et de l’économie mondiale au rythme de croissance zéro, dès lors qu’il faut éviter de ruiner certains secteurs de l’économie, de supprimer des emplois et de provoquer des conséquences désastreuses pour la stabilité sociale de vastes groupes de la population et pour les pays en voie de développement.
  • Mais le message chrétien peut mettre en évidence une attitude qui n’est apparemment pas prévue dans la théorie économique, ni du reste dans l’échelle de valeurs effective de l’actuelle société de consommation et de concurrence, attitude qui pourrait néanmoins avoir une certaine fonction : contre l’obsession de la consommation, il peut proposer la liberté vis-à-vis de la consommation. Ne pas édifier son bonheur unique­ment sur la consommation et le bien-être a, en tout cas, un sens. Et, à la lumière de Jésus-Christ, on trouvera une signification dans le refus d’une convoitise illimitée et d’un effort incessant pour tout posséder, dans le refus de se laisser guider par les lois du prestige et de la concur­rence et de participer au culte du superflu, en sorte de faire acquérir déjà par les enfants la liberté de renoncer à la consommation. Le message chrétien propose donc l’esprit de pauvreté, liberté intérieure vis-à-vis de la possession, attitude fondamentale faite de franche simplicité et de confiance sereine, à l’opposé de l’arrogance exigeante et hautaine et de l’obsession anxieuse que l’on rencontre aussi bien chez les écono­miquement riches que chez les économiquement pauvres.

A quelle fin? Non par ascèse ou obsession du sacrifice. Ni en vertu d’une loi nouvelle et contraignante. Mais pour que l’utilisateur normal et paisible des biens reste libre, devienne libre. Pour qu’il ne se vende pas aux bonnes choses de ce monde, qu’il s’agisse de l’argent ou de la voiture, de l’alcool ou du tabac, des produits de beauté ou de la sexualité. Pour qu’il ne soit pas la proie des fièvres de la société de consommation. Pour que, par conséquent, au milieu du monde et de ses biens, qu’il lui faut bien utiliser et qu’il a le droit d’utiliser, l’homme conserve en définitive son humanité. C’est toujours la même règle la possession, la croissance, la consommation ne sont pas leur propre fin. A plus forte raison, les hommes ne sont-ils pas au service de la possession, de la croissance, de la consommation. Ce sont celles-ci, au contraire, qui sont au service des hommes.
Toutes les fois qu’un individu ou des groupes entiers oublient que tous les biens de ce monde sont faits pour l’homme et non l’homme pour eux, ils adorent non pas l’unique vrai Dieu, mais la foule des faux dieux : Mammon, le pouvoir, le sexe, le travail, le prestige, et ils livrent les hommes à ces dieux impitoyables. Ils accélèrent la dyna­mique destructrice d’humanité, dans laquelle nos processus écono­miques sont aujourd’hui engagés. Ils accentuent la désinvolture avec laquelle on gère aujourd’hui l’économie aux dépens de l’avenir. Ils renforcent l’égoïsme inhumain avec lequel les mécanismes actuels de l’économie mondiale enrichissent à profusion une partie de l’huma­nité et condamnent l’autre partie à la misère. Même s’ils ne le recon­naissent pas, ils propagent dans la société de bien-être et de consom­mation l’inhumanité.
Mais toutes les fois qu’un individu ou des groupes entiers main­tiennent qu’en toute circonstance les biens de ce monde sont faits pour l’homme, ils contribuent à l’humanisation de la société de bien­être et de consommation aujourd’hui devenue de toute façon inévi­table. Ils créent alors l’indispensable élite nouvelle qui n’est pas fondée sur le rang social, qui apprend à vivre dans cette société selon une nouvelle échelle de valeurs et qui peut engager, à terme, le processus d’un changement des mentalités. Ils rendent possibles pour eux et pour d’autres, même dans notre époque actuelle, une indépen­dance, une souveraine simplicité, un détachement serein et inébran­lable, la vraie liberté. A eux aussi s’applique la promesse : tous les pauvres de cœur obtiendront le royaume des cieux.

[5] JG Xerri, Prenez soin de votre âme, Cerf, Paris 2018, p.343.

[6] Martin Steffens in Prier n°422, juin 2020, p.9.
Le confinement a mis tout à, coup les choses à l’endroit et demandé : quel est l’essentiel ? Le diplomate et chercheur iranien Majid Rahnema (1924-2015) montre que l’économie de marché, « de surabondance », en pro­mettant au monde entier de « chasser la pauvreté », amène partout la misère. C’est saint Thomas d’Aquin qui distin­guait la misère, ou « manque du néces­saire », de la pauvreté, qui est « manque du superflu ». On fuit celle-là tandis que, pour vivre proche de Dieu, on peut faire vœu de celle-ci. Comment en effet ne pas voir que des peuples aux éco­nomies frugales, où régnait une véritable solidarité, « convivialité », ont été privées de ce bien au nom d’une lutte contre leur pauvreté ? Condamnés à la sur­production et à l’exportation de leurs ressources, ces peuples sont entrés dans la misère. N’est-ce pas aussi notre cas? Notre société de communication chasse les moyens simples de venir les uns aux autres (échanges épistolaires, relations de voisinage…) et propage partout la solitude. Nous vainquons la lenteur en laissant à l’arrêt tous ceux qui n’arrivent pas à suivre.
L’encyclique Laudato si’ du pape François nous révèle ceci : seul un usage pauvre des biens de ce monde nous permet d’en jouir pleinement. Le mot «pauvreté» est composé du radical pou qui signifie, comme l’est la petite bête dans les cheveux de nos enfants, « petit ». À quoi s’ajoute le verbe latin pareo: « engendrer ». D’où un premier sens : est pauvre ce qui met « peu » au monde. C’est l’arbre infécond ou la femme stérile. Mais on peut entendre dans l’étymologie de ce mot un sens opposé : non pas ce qui met « peu » au monde, mais ce qui met au monde le « petit », « l’enfant ». Qu’est-ce à dire ? Le confinement a redessiné les contours de notre vie. En voyant mieux ce dont nous pouvons nous passer, nous découvrons comment rendre la vie humaine plus durable. L’avenir devra choisir entre une pauvreté consentie ou la misère qui, sous la forme de la solitude, du manque d’air respirable et d’eau potable, menacera tous les peuples. La pauvreté entendue comme un rapport mieux ajusté aux biens non-essentiels, fera de notre monde une terre d’accueil pour les enfants à naître.

 

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