Bulle, 7/01/2018- Mt 2,1-12

Que nous apprennent les mages ? Quelle invitation nous lancent-ils pour 2018 ?!

  1. Des chercheurs (vv.1-2 « où est le roi des juifs »)

Le terme de « mage » désignait au 1er siècle avant JC des adeptes de sectes religieuses de type ésotériques (diseurs de bonne aventure). Ils viennent probablement de Perse ou du sud de l’Arabie.  La question qu’on se pose souvent c’est : comment ont-ils su que devait naitre ce roi des juifs ? Peut-être ont-ils été en contact avec des juifs exilés qui leur ont parlé des prophéties relatives à la naissance du Messie. Pour rencontrer le roi nouveau-né, ils suivent donc une étoile (on ne sait pas trop ce que c’est exactement) et vont parcourir des milliers de kilomètres jusqu’à Bethléem. Une expédition nécessitant beaucoup de préparation, qui leur prendra des mois et va les exposer au danger, à la fatigue et à la douleur, au doute, etc.

Alors pourquoi tous ces efforts ? Après des semaines de marche et même avant de partir, ils auraient pu renoncer en donnant 1000 prétextes et se dire : après tout, qu’est-ce que ça change qu’on y aille ou pas ? D’autant que d’un point de vue humain ces mages avaient déjà tout ce qu’il leur fallait : éducation, richesse, pouvoir, prestige. En effet leurs cadeaux montrent que ce n’était pas de pauvres gens.  Etre accueilli à la cour d’Hérode indique qu’ils n’étaient pas n’importe qui. Ces hommes avaient tout ce que le monde peut offrir. Ils pouvaient très bien se satisfaire de leur zone de confort.

Mais voilà, les mages sont des chercheurs. Et comme tels ils vont jusqu’au bout de leur recherche. Car cette naissance signifie beaucoup pour eux.  Ils ont conscience que quelque chose se joue dans l’histoire des hommes. Pour eux, cette naissance répond à une quête spirituelle et cette quête ne s’arrêtera pas tant qu’ils n’auront pas atteint ce but. Les mages savent qui ils cherchent. Ils cherchent le roi des rois. Ils cherchent pour le trouver, ils cherchent pour le connaitre, ils cherchent à se rapprocher de lui, ils cherchent à l’adorer. Dieu dit en Jr 29,13 : « moi le Seigneur je vous le déclare : si vous me recherchez de tout votre cœur, je me laisserai trouver par vous ».

Il est vrai que notre confort ne nous encourage pas forcément à chercher Dieu. Nous sommes vite satisfaits de ce que nous avons. Mais beaucoup cherchent parfois sans savoir vraiment qui ou quoi. Les mages, eux,  recherchent quelqu’un : « où est le roi des juifs ? ». Ce roi est pour eux, pour nous la réponse à notre recherche et à nos questions : « Où est celui qui va donner sens à ma vie ? Me donner la paix et la joie ? Combler ma faim spirituelle ? Me nourrir d’une relation vraie et durable ? etc. ».

  1. Des écoutants (vv.5-6 et 12)

Les mages cherchent un roi. Ils sont donc allés là où leur raisonnement humain leur a dit d’aller, c.-à-d. à Jérusalem, le lieu du pouvoir, là où aurait pu naitre ce roi. Ils ne sont qu’à 8 petits km du but. Ce sont les maitres de la loi qui vont les aider à trouver l’enfant. Le Seigneur nous rappelle ainsi que tout chercheur doit chercher au bon endroit. Il nous faut aller à la source. Tu me cherches ? Tu cherches ma volonté ? Tu cherches ce que ton cœur désire ? Cela implique d’être guidés par la Parole de Dieu et plus uniquement par ton raisonnement humain. Il leur faut maintenant être dépendant de la Parole et du prophète qui indique les choses beaucoup plus clairement : cet enfant, c’est le Messie et il doit naitre à Bethléem.

Ce récit nous montre la grande différence entre ceux qui savent et ceux qui cherchent. Les maitres de la loi savent mais n’en font rien. Malgré leur connaissance des Ecritures ils ne prennent pas au sérieux la possibilité que le Messie soit né (ils ne se déplacent pas, y croient-ils ?). Si Dieu est bien venu dans ce monde en la personne de Jésus, nous ne pouvons pas rester tranquilles assis, sans réaction, en ignorant cette réalité ! Si c’est vrai je dois en faire quelque chose. Si c’est vrai, cela m’oblige à considérer ce qui est vraiment important pour moi ; à ne pas me confier dans mes biens illusoires et peut-être à sortir de ma zone de confort, de mes habitudes.  Celui qui cherche, qui entend, et prend au sérieux la parole se met forcément en route.

A la fin du récit, nous voyons que ces mages choisissent d’écouter Dieu qui leur parle, cette fois, au travers d’un songe et de lui obéir. Alors la question nous est posée en ce début d’année. Quelle place je laisse à la Parole de Dieu dans ma recherche ? Est-ce qu’elle me remplit juste de connaissances sur Dieu ou bien me conduit-elle à plus d’obéissance à Dieu ?  Est-ce que je suis prêt à laisser la Parole/Dieu me conduire, me diriger au point de prendre, peut-être, un autre chemin dans ma vie ?  De prendre une nouvelle direction ? De nouvelles habitudes de penser, de parler, d’agir ?  De porter un autre regard sur telle relation, tel problème, etc. ?

  1. Des adorateurs (vv.2 et 11)

Ils ont cherché, ils ont écouté, ils ont trouvé et ils font ce qu’ils sont venus faire : l’adorer et se prosterner comme on le fait vis-à-vis de Dieu. Ils lui offrent des cadeaux qu’on offre généralement à un roi. Mais quand on fait un cadeau à un roi ce n’est souvent pas tout à fait gratuit, c’est qu’on attend quelque chose en retour. Sauf qu’un enfant ne peut rien donner en retour.

L’intention des mages nous interpelle : ils font tous ces km pour voir Jésus, l’adorer, lui offrir des cadeaux et… ils repartent ! C’est exactement l’inverse de tous ceux qui aujourd’hui attendent que Dieu vienne à eux, que Dieu s’explique et prouve qui il est et par-dessus le marché que ce soit lui qui nous offre des cadeaux ! Les mages n’ont pas recherché l’enfant pour ce qu’il pourrait leur offrir mais ils l’adorent pour qui il est et ce qu’il fera et non pour ce qu’il peut leur donner puisqu’il ne peut rien leur donner… sinon une espérance qui dépasse toute espérance et met leur cœur en joie !

A lui honneur, gloire et louange.  Ils le manifestent en lui offrant ce qu’ils ont de plus précieux : de l’or, reconnaissant que Jésus est roi ; de l’encens : utilisé par les prêtres dans le Temple, cela annonce que Jésus est Celui qui nous conduit à Dieu ; de la myrrhe : utilisé pour embaumer les corps, rappelant ainsi que Jésus va mourir pour nos péchés. Ils ont compris que grâce à Jésus, les gens comme eux, ces païens, seront aussi au bénéfice de l’amour, de la grâce, du pardon et du salut de Dieu. Il est la véritable étoile du matin, le soleil de justice qui vient illuminer leur vie et guider leur chemin. Et pour eux cela n’a pas de prix.  2 questions pour finir :

Jésus est-il notre roi ? Adorer Jésus cela signifie que je le reconnais comme souverain légitime de ma vie, je le laisse être souverain SUR ma vie ! Si Hérode est troublé c’est qu’il a compris qu’il a un rival. Il ne peut y avoir 2 maitres ! Si Jésus devient mon roi alors j’accepte de déposer ma couronne aux pieds du roi des rois. Je ne suis pas roi, mais Lui est mon roi. Cela nous coute notre orgueil !… Adorer Jésus c’est reconnaitre qu’il est celui qui a tout fait pour moi, allant jusqu’à donner sa vie pour moi.

Que puis-je offrir au Seigneur en guise d’adoration ? Bien sûr je peux lui apporter tout plein de choses très précieuses. Mais il n’attend pas des choses. Non, il t’attend toi. Ce que nous pouvons lui offrir de précieux, c’est d’abord et prioritairement notre propre vie.

Conclusion : En 2018, nous sommes invités à chercher, écouter, adorer. Soyons des chercheurs assidus de Dieu qui comble notre cœur. Ecoutons sa Parole qui nous conduit sur le bon voire un autre chemin. Adorons-le, laissons-le être notre roi en lui offrant notre vie ! Amen

Pour aller plus loin 

  • Quelle est actuellement ma quête spirituelle ? Quelle est ma recherche ?
  • Dans quel domaine Dieu m’invite-t-il peut-être à prendre un autre chemin ?
  • Sur quel aspect de ma vie dois-je laisser Jésus davantage régner ? Qu’est-ce que cela me coute de le faire ? Pourquoi ?
  • Que signifie pour moi « lui offrir ma vie » : quel aspect, domaine, … ?
2018-01-09T11:18:07+00:00
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