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Cultes tous les dimanches à 10h au Temple

Église Évangélique Réformée

Paroisse de Bulle – La Gruyère

Prédication sur Mt 24,44 et 25,1-13 / 1Thes 5,1-10 / Ps 33,18-22

Une attente de Christ qui fasse la différence.

6 décembre. Certains enfants attendent le saint Nicolas et son biscôme. D’autres attendent Noël avec ses cadeaux. Les adultes attentent la fin de 2020 en espérant que 2021 sera meilleur. D’autres attendent le retour de la santé. Ou le retour d’un être aimé. Ou un emploi. Ou l’exaucement d’une prière. Ou une perspective d’avenir. Certains attendent un retour à la normale, la fin de l’épidémie covid ; les médias excitent en leurs adeptes l’attente d’un vaccin covid. L’Avent nous rappelle que nous attendons le retour de Jésus. Nous attendons tous quelque chose. Enfin… j’espère. Car comme le dit Michel Hubaut, qui n’attend plus rien ni personne est comme mort[1]. La question est peut-être comment attendons-nous ? Et notre parabole n’est peut-être pas étrangère à cette question.

Remettons-la d’abord dans son contexte pour mieux la comprendre.

  • Dans le chapitre précédant, Jésus a répondu à la question de ses disciples voulant savoir à quel signe on reconnaîtrait que son retour et la fin du monde approchent (cf. Mt 24,3[2]). Il conclut en disant que pas même lui sait quand cela aura lieu et que par conséquent, il faut se tenir prêt car il viendra quand on n’y pensera pas (24,44[3]). La parabole intervient là comme si Jésus nous disait : quand je reviendrai et que vous ne vous y attendrez pas, ALORS ce sera comme… 10 vierges qui…
  • Et puis, il y a le contexte culturel d’un mariage oriental d’alors. Le déroulement débutait par une fête, un repas pris séparément, les hommes et le marié d’un côté, les femmes et la mariée de l’autre. A un moment donné, le fiancé allait à la rencontre de sa fiancée pour l’emmener chez lui et la célébration commune du mariage débutait pour durer jusqu’à 7 jours. Parfois, le fiancé tardait, mais à son arrivée, les demoiselles d’honneur escortaient de leurs lampes les mariés.

 

Donc, la parabole met l’accent sur le retard du fiancé et sur comment les vierges ont attendu, dans quel état d’esprit, si je puis dire. Jésus met l’accent sur comment veiller. Arrêtons-nous là-dessus.

Relevons d’abord que toutes les demoiselles finissent pas s’endormir, et que le hic ce n’est pas leur assoupissement, mais le manque de prévoyance de certaines. En fait, c’est intéressant : dès le départ, certaines se disent que l’attente sera peut-être longue et qu’il faudra tenir dans la durée ; les autres non. Intéressant aussi que les lampes brulent pendant qu’elles dorment. Cela dit, voyons ce que cela pourrait vouloir signifier pour nous.

Il y a des fois où on attend quelque chose sans plus vraiment l’attendre. On croit que Jésus reviendra établir son règne, mais comme ça fait si longtemps qu’on attend cela, on y croit sans vraiment l’attendre. La crise de l’attente. L’épreuve de la patience. Alors oui, la foi nous l’avons, mais elle ne nous illumine plus. Il y a le covid, le chômage, les faillites, les problèmes familiaux, les guerres, les misères, les catastrophes climatiques et tout ça… ça étouffe l’attente du retour de Christ, l’attente du Règne de Dieu, promis ; ça étouffe notre foi, notre espérance ; ça étouffe aussi, chez certains, l’espoir d’une solution. C’est un peu comme Zacharie qui avait prié pour un fils et quand l’ange lui annonce que sa prière a été exaucée, il ne peut plus y croire, il ne peut même pas l’entendre.

Attendre sans vraiment attendre ce qu’on attend. L’attente s’est épuisée à l’image de l’huile de la lampe[4].

Nous pouvons nous interroger : qu’attendons-nous sans plus vraiment l’attendre ? Qu’attendons-nous du Seigneur sans plus vraiment l’attendre ? Quand nous disons Que ton règne vienne l’attendons-nous vraiment ou n’est-ce qu’une formule de langage ? Si seulement nous attendions la venue de Jésus et du Règne de Dieu avec autant d’empressement et d’excitation que certains attendent un vaccin contre le covid.

Et puis, il y a la façon d’attendre des 5 demoiselles prévoyantes. Les voilà qui s’endorment aussi, avec leur lampe allumée et leur réserve d’huile. Comme pour nous dire ce sommeil n’est pas un sommeil de lassitude ou de dépit, mais un sommeil de confiance. Celui qu’elles attendent viendra, c’est sûr, et elles seront au rendez-vous. C’est aussi pour nous dans nos épreuves, face à la souffrance de ce monde… Oui le Seigneur viendra, il vient. Il répondra. Il répond. Alors, tu peux dormir tranquille.

Ce sommeil confiant dans la venue du Seigneur n’est pas passif : il est habité, il est orienté vers cette venue. Comment dire ? En fait, ces 5 demoiselles prévoyantes elles attendent comme des témoins de ce qui va se passer. Elles attendent prêtes à accueillir ce qui va se passer. Elles attendent en voulant participer à cette venue, être parties prenantes. Elles ne veulent pas vivre cette venue en spectatrice. Les 5 insensées attendent, mais sans y croire et donc sans être prêtes à accueillir le marié. Les 5 prudentes vivent leur attente avec certitude, même si fatiguées.

Cela peut nous interroger : comment attendons-nous l’exaucement de nos prières ? Comment attendons-nous la venue du Christ Jésus ? Comment attendons-nous son intervention ? Comment attendons-nous sa révélation dans nos vies ? Comment attendons-nous cet avenir ? Passivement, ou en désirant y participer, y contribuer, être actif.

Prenons un exemple : nous aimerions peut-être que notre paroisse connaisse un renouveau spirituel, – un réveil comme disent certains -, mais nous y préparons-nous ? Sommes-nous prêts à accueillir au milieu de nous des personnes différentes, nouvelles, qui nous bousculeront ?

Les jeunes filles prévoyantes sont celles qui se sont équipées pour répondre à l’annonce de la venue du Seigneur. Il y a là aussi une question de discernement. Remarquez : au cri annonçant soudainement la venue du marié, elles réagissent immédiatement en reversant de l’huile dans leur lampe. Moi, je me demande si nous attendons la venue du Seigneur en étant capables de discerner les signes de sa venue. Sommes-nous capables de discerner les signes de la venue de Christ dans nos vies pour être prêt à l’accueillir ?

Cet état de préparation et discernement est symbolisé par l’huile alimentant la lampe des jeunes filles. Que sont cette lampe et cette huile?

Je vois dans la lampe un symbole de notre vie. Elle peut briller ou non.  Jésus compare notre vie à une lampe dans le SM. Notre vie brille quand nous sommes témoins. Et là nous rejoignons ce que Paul dit aux Thessaloniciens.

Paul nous encourage dans notre attente de la venue de Jésus à nous revêtir de foi, de confiance, d’amour et d’espérance pour être témoins.

Dans nos luttes quotidiennes, attendons la venue de Jésus avec confiance, avec foi. Il n’est jamais loin. Devant la pagaille qui règnent dans ce monde, nous pouvons avoir la même confiance : il reviendra et cette pagaille cessera alors.

Dans nos vies, attendons avec amour la venue de Jésus. Avec cet amour qui attend d’être comblé par le bien-aimé. Cet amour qui est comme cet abri au temps de l’incertitude et de la détresse. Cet amour qui fait qu’à la voix de celui / celle qu’on aime, on se lève pour aller à sa rencontre. Cet amour appelé à se dire aux autres, à se montrer aux autres concrètement aussi. En mettant nos dons et talents au service d’un monde meilleur, au service du prochain. C’est la suite du chap. 25 de Matthieu.

Comment attendons-nous la venue de Jésus dans nos vies, nos circonstances difficiles, dans la vie de notre paroisse, dans la grande Histoire des hommes ?

Jésus nous invite à une attente confiante et assurée, engagée et active.

Attendre la venue de Jésus avec foi, amour et espérance c’est y travailler; y travailler concrètement en approvisionnant nos lampes, en veillant à ce que nos vies brillent de cette confiance et de cet amour. Grâce à la présence du St.Esprit en nous, garantie de son retour. Il n’est jamais loin. Que notre attente du Seigneur soit donc vivante.

Amen[5].

[1] Michel Hubaut, Prier les paraboles, p.186.

[2] Mt 24 : 3  Il s’assit sur le mont des Oliviers. Et les disciples vinrent en privé lui dire : Dis–nous quand cela arrivera–t–il et quel sera le signe de ton avènement et de la fin du monde ? 4 Jésus leur répondit : Prenez garde que personne ne vous séduise.

[3] C’est pourquoi, vous aussi, tenez–vous prêts, car le Fils de l’homme viendra à l’heure où vous n’y penserez pas.

[4] Alphonse Maillot fait ressortir qu’il y avait aussi ceux qui pensaient que Jésus allait revenir si bientôt qu’ils s’étaient totalement désengagés du monde. Pour eux aussi cette parabole sonne comme une mise en garde : Jésus dit qu’il faudra de la patience. Le marié pourrait tarder…

[5] Le texte suivant, de John Henry Newmann (1801-1890) croisé au hasard résume bien notre propos. 

« Veillez ! », nous dit Jésus avec insistance … Nous n’avons pas seulement à croire, mais à veiller ; pas simplement à aimer, mais à veiller ; pas uniquement à obéir, mais à veiller. À veiller pour quoi ? Pour ce suprême événement : la venue du Christ. Il semble bien y avoir là un appel spécial, un devoir dont l’idée ne nous serait jamais venue à l’esprit autrement. Nous avons une idée générale de ce que veut dire croire, aimer et obéir, mais qu’est-ce donc que veiller ? Celui-là veille dans l’attente du Christ, qui garde l’esprit sensible, ouvert, sur le qui-vive, qui reste vif, éveillé, plein de zèle à le chercher et à l’honorer. Il désire trouver le Christ dans tout ce qui arrive. Et celui-là veille avec le Christ qui, tout en regardant l’avenir, regarde aussi le passé, contemplant ce que son Sauveur a acquis pour lui et n’oubliant pas ce que le Christ a souffert pour lui.

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