Prédication sur Ps 1-2 et Mc 1,1-15
Deux dynamiques : nouvelles du monde, bonne nouvelle de Jésus-Christ.
Bien-aimés du Christ,
Pourquoi les médias ont plus de mauvaises nouvelles que de bonnes ? Et pourquoi avons-nous pareil intérêt à les écouter ? Cela serait dû à l’évolution de notre cerveau qui enregistre en priorité le négatif pour nous préparer à affronter un danger. Ce qui fait dire à une médecin[1] : Le négatif s’accroche à notre cerveau comme du velcro, alors que le positif glisse sur nous comme du téflon.
Alors, pas de chance pour la bonne nouvelle apportée par Jésus-Christ !!!
Pourtant, une bonne nouvelle ça devrait faire du bien, car a priori, le propre d’une bonne nouvelle est de donner confiance, espérance ; d’ouvrir l’horizon, plutôt que de l’assombrir ; les bonnes nouvelles nous permette d’espérer en la vie. Elles redonnent courage. Comme dit Proverbe (15,30) : une bonne nouvelle ranime les forces. N’est-ce pas ?
Marc et les psaumes nous lancent ce défi de nous arrêter à la bonne nouvelle de Jésus, de Dieu.
Dans la bouche de Jésus, cette bonne nouvelle se dit ainsi : Le Royaume de Dieu s’est approché ! Changez de façon de penser et croyez la Bonne Nouvelle ! (Mc 1,15). Le Règne de Dieu est là. Dans la personne même de Jésus. Je ne suis pas sûr que les gens avaient plus de facilité que nous à le croire. Ils vivaient aussi des temps difficiles marqués par l’injustice, l’arbitraire et le droit du plus fort. Croire que le Règne de Dieu est ici, au milieu de nous, et vivre en fonction, demande effectivement un changement dans notre façon de penser et de voir les choses. C’est peut-être pour ça que Jésus fait le choix d’être baptisé du baptême de repentance, en grec de metanoia, c’est-à-dire changement de façon de penser.
Jésus tout fils de Dieu qu’il était faisait sans cesse le choix de se laisser orienter par cette bonne nouvelle : Dieu règne. Ne dit-il pas : Le Fils ne fait que ce qu’il voit faire au Père. Tout ce que le Père fait, le Fils le fait également (Jn 5,19). Et au désert des tentations, Jésus est amené à faire le choix de croire à la Parole entendue à son baptême, où Dieu le Père lui dit : Tu es mon fils bien-aimé en qui j’ai plaisir. C’est ce qui porte le Règne de Dieu dans sa vie. Cette conviction. Cette même parole, Dieu nous la dit à notre baptême. C’est ce qui peut porter le Règne de Dieu dans notre vie. C’est ce qui a la capacité de faire de nous les porteurs, les témoins du Règne de Dieu, Règne d’amour, de pardon, de paix et de restauration.
Mais, comme le dit Marc, l’incarnation du Règne de Dieu en Jésus ce n’est que le commencement de la bonne nouvelle de Dieu. En effet, à la fin de Marc, Jésus dit à ses disciples d’aller, eux, porter la bonne nouvelle
du règne de Dieu (Mc 16,15ss). Mais… n’allons pas trop vite.
Vient en 1er cet appel à changer notre façon de penser, à accueillir en Jésus le Règne de Dieu dans nos vies, à le laisser régner dans nos vies.
Les psaumes 1 et 2 nous disent quelque chose de semblable. Ils nous disent que nous sommes devant un choix : le mal, l’incrédulité et le cynisme d’un côté, le bonheur et la Loi de Dieu de l’autre. Ils nous disent que nous pouvons nous laisser vaincre par le mouvement de méchanceté qui agit dans ce monde (l’actualité) ou faire le choix délibéré de nous laisser imprégner par la Loi de Dieu, c’est-à-dire par son Règne tel qu’il l’exprime dans sa Loi. Je précise que l’idée dans le mot Loi en hébreu est celle d’un chemin à suivre, d’une direction à prendre, car le verbe derrière torah signifie tirer une flèche, donc viser. Vais-je faire de la Loi, du Règne de Dieu mon plaisir, mon orientation ou me laisser emmener par le courant de ce monde ?
Ces psaumes disent que nous avons le choix entre 2 dynamiques : celle du Seigneur ou celle qui s’offre à nous dans ce monde.
Le psalmiste ajoute que celui qui choisit la dynamique du Seigneur est heureux. C’est comme une promesse. Il est heureux car il va dans la direction de la vie. Il est heureux comme un arbre dont les racines plongent dans la rivière. Il est heureux comme celui qui voit sa vie produire de belles et bonnes choses, du bien. Il est heureux comme l’arbre qui tient dans la tempête, qui tient dans la sécheresse. Il est heureux comme Jésus qui plongeait les racines de son être dans les eaux de son baptême lui disant qu’il est le fils bien-aimé de Dieu et qui pouvait ensuite résister à l’Ennemi voulant l’en faire douter.
Et cela nous pose la question : dans quelle dynamique ma vie est-elle en ce moment ? Dans la dynamique de me savoir aimé par le Seigneur Dieu, dans la dynamique de l’assurance de me savoir l’objet de son plaisir, de son affection ? Dans la dynamique de me laisser entrainer à aimer et à lui faire confiance pour le reste ? OU dans une dynamique qui suit les mauvaises nouvelles de ce monde, qui me conduit à la méchanceté, l’incrédulité et le cynisme ? Quelle nouvelle oriente ma vie ?
Sur quoi je m’attarde ? A quoi est-ce que je donne toute mon attention ? Méditer la Loi, en hébreu c’est murmurer la Loi, c’est comme se redire sans cesse la Loi, se la répéter. Se redire sans cesse que le Seigneur règne et qu’il m’aime et que je peux m’appuyer là-dessus. Que face à ce monde hostile et menaçant, qui s’enfonce dans la confusion, je peux redire et m’appuyer sur cette assurance : Dieu règne et n’a pas cessé de nous aimer.
Ou se plongent les racines qui portent ma vie ? Dans les eaux de mon baptême (vécu enfant ou choisi en toute conscience, c’est égal) où Dieu me fait siens ? Ou dans l’égout des bruits de ce monde ?
Sur quoi je mets mon focus ? Sur les mauvaises nouvelles qui me font croire que Dieu n’existe pas ou qu’il s’est détourné de nous OU sur sa promesse d’amour, et sur l’assurance d’un Dieu qui reste souverain ?
En priant le Notre Père, nous faisons le choix de dire: Père, nous choisissons ta volonté, ton règne, qui tu es, ton nom.
Quelque part, nous avons le choix entre : être une feuille morte, et le propre des feuilles mortes c’est d’être dans le vent ; ou être un arbre planté au bord de l’eau vivifiante de l’amour et de la Loi de Dieu. Ce choix c’est chaque jour que nous le faisons. Jésus nous en montre le chemin : il a aussi dû faire ce choix, qui se vit dans un combat spirituel quasi constant. Mais quand nous faisons ce choix, alors nous entendons le Seigneur nous dire : Heureux es-tu, toi mon enfant bien-aimé en qui j’ai mis tout mon plaisir. Le choix d’orienter notre vie sur la bonne nouvelle du Règne de Dieu ne serait-ce pas ce qui, finalement, nous équipe au mieux pour faire face aux difficultés et danger de la vie ? En tous cas, c’est ce que Jésus a vécu.
Demandons donc au Seigneur de permettre à la bonne nouvelle de son règne et de son amour de s’accrocher à nous comme du velcro, et que le courant de ce monde et le mal glissent sur nous comme sur du téflon. Heureux serons-nous alors.
Amen.
[1] https://www.rts.ch/info/monde/11508144-et-si-les-medias-publiaient-davantage-de-bonnes-nouvelles.html
