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Cultes tous les dimanches à 10h au Temple

Église Évangélique Réformée

Paroisse de Bulle – La Gruyère

(Jc 5,7-8 ; 2 Pierre 3,8-15 ;  Luc 12,35-40)  – Si l’Avent est cette période qui nous prépare à la venue de Jésus, elle est aussi celle où nous orientons nos regards vers la 2ème venue du Christ. Nous sommes dans un entre 2 qui se vit dans l’attente de ce qui doit advenir. Or nous n’aimons pas attendre. Pourtant il peut se passer des choses pendant que nous attendons. Que cela soit en voiture, au guichet, à la maison : on peut habiter ce temps d’attente. Comme on attend Jésus depuis 2000 ans, le risque est de vivre notre présent en oubliant que Jésus peut revenir demain. Or l’Avent doit remobiliser notre espérance que Jésus revient pour établir son règne de paix et de justice.

Question : que faisons-nous quand l’attente est trop longue ? Quand une chose ou une personne sur laquelle nous attendons se fait attendre et n’arrive pas ? Nous perdons patience et nous commençons à penser et même à passer à autre chose… Or, par 3 fois Jacques nous invite à la patience. Le mot utilisé implique endurance, constance, persévérance. Il utilise l’image du cultivateur qui attend patiemment sa récolte. Il vit dans l’expectative qu’il se passe quelque chose, sinon il n’aurait pas semé ! Le cultivateur ne peut pas accélérer le processus de développement et faire que tout pousse en une nuit. Il est prêt à attendre de nombreuses semaines avant que les graines produisent du fruit parce que ce fruit est précieux dit Jacques. Mais entre les semailles et la moisson, il y a ce laps de temps qui nous invite à nous réjouir de ce qui va être. Et quand on espère la moisson, on s’y prépare… C‘est pourquoi ce temps qui nous sépare du retour de Jésus est un temps de grâce accordé par Dieu, un temps pour… Mais un temps pour quoi ? Comment habiter ce temps d’attente ? Que disent Jacques et 2 Pierre ?

Un temps pour être actif

Être patient ne signifie pas être passif. L’autre risque serait de dire : il revient donc de toute façon je n’ai rien à faire et nous tombons ainsi dans la paresse et l’autosatisfaction. Non, le cultivateur ne part pas non plus en vacances en abandonnant son champ dans l’espoir que tout aille bien. Il ne reste pas sans rien faire : il travaille constamment et surveille sa récolte. Hors de question de se tourner les pouces  et vivre comme si le Christ ne devait jamais revenir.  C’est une période dans laquelle Dieu laisse et donne du temps pour vivre et travailler avec fidélité à l’avancement de son royaume. 

Dans Luc 12 Jésus dit « heureux ce serviteur que son maître à son arrivée trouvera occupé de la sorte ».  C’est donc une attente active. Quand les disciples regardent Jésus partir à l’Ascension les anges leur disent « pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? ». En fait garder les yeux rivés sur le ciel est davantage une négation de l’attente véritable. Ils doivent désormais avoir les yeux tournés vers le monde des hommes pour rencontrer leurs besoins avec l’aide de Christ. L’apôtre Paul écrit en 1 Co 15,58 : « soyez fermes, inébranlables, et de plus en plus actif dans l’œuvre du seigneur, sachant que votre travail ne sera pas vain dans le seigneur ».  Il écrit cela après avoir évoqué la résurrection comme pour dire : l’espérance de la résurrection et le bonheur de cette vie future ne nous conduit pas à nous désintéresser de l’histoire mais à l’habiter différemment notamment en étant au service des autres.  Mais cet engagement actif se déploie sous 3 autres angles :

Un temps pour annoncer l’Evangile

Ce temps d’attente est surtout un temps donné par Dieu pour permettre à beaucoup de se tourner vers lui dit Pierre. Dieu est patient et plein de compassion et il désire que les hommes se détournent du mal et le suivent. Nous avons donc une grande responsabilité en tant qu’Eglise et comme chrétien qui est celle de témoigner de notre foi mais aussi de proclamer et prêcher l’Evangile. Ce n’est pas une option. Cela fait partie de nos priorités et on doit y engager nos forces. En évoquant les prophètes, Jacques nous rappelle que ce temps d’attente c’est un temps pour annoncer la parole, d’être porte-parole du royaume qui est et qui vient. Tout comme il faut un certain temps entre la semence et la moisson il faut un certain temps entre l’annonce de la parole et son effet. Il faut du temps pour que la parole écoutée mûrisse en parole entendue et reçue. Dieu donne ce temps non pour garder pour nous ce trésor mais pour le partager. Beaucoup n’ont jamais vraiment entendu la parole. Or personne ne peut venir à Dieu sans connaitre la Parole. Comment les gens pourraient-ils se détourner de leurs mauvaises voies et connaitre Christ pour obtenir pardon et une vie nouvelle s’ils n’entendent pas l’Evangile. « La foi nait de ce qu’on entend et ce qu’on entend provient de la parole de Dieu » dit Paul en Romains 10.

Un temps pour une nouvelle manière d’être ensemble.

Ce temps est un temps pour traduire notre espérance dans des actes. Il peut arriver que nous soyons impatients envers Dieu car on pense qu’il n’agit pas assez vite et comme nous voudrions. Et nous remarquons que souvent cette impatience envers Dieu conduit à de l’impatience envers notre prochain. C’est pourquoi dans cette attente Jacques et Paul disent que nous n’avons pas de temps à perdre à nous plaindre, à nous juger, et entrer dans des disputes inutiles. Dans cette attente de son retour nous pouvons mettre en pratique notre foi et refléter l’amour de Dieu dans nos relations avec nos semblables. Pierre nous dit que devons « faire tous nos efforts ». Là encore ce n’est pas une option. Cela demande qu’on y mette de l’énergie, du cœur, de la volonté.

Jacques nous exhorte à ne pas se plaindre.  En fait le mot ici évoque l’idée d’« être à l’étroit et s’en sentir angoissé ». Rétrécir l’espace revient à juger les autres. Juger c’est immobiliser, geler sur place et enlever à qqun toute suite possible et donc une histoire. Nous n’avons pas à déclarer la fin de l’histoire contre un frère car nous ne sommes pas encore arrivés à la fin. C’est Dieu qui à la fin de l’histoire exercera son jugement. En attendant, ce temps est un temps de grâce accordé par Dieu d’où peuvent jaillir la réconciliation, le pardon, le retour à Dieu, de nouvelles relations.

Un temps pour la sainteté.

Pierre dit que le retour de Jésus devrait être une motivation pour l’église à faire tous nos efforts pour vivre dans la sainteté et la piété. La piété c’est vivre avec une attitude de respect envers notre Seigneur, une vie où nous cherchons à lui plaire, une vie qui dit que celui que j’attends est digne de mon attente. Si quelqu’un vous dit qu’il vient chez vous mais que vous n’êtes pas là, ou qu’en lui ouvrant la porte il voit que vous aviez oublié, négligé son accueil, pas rangé votre salon il peut se demander si vous aviez vraiment envie de le voir et même si vous comptez pour lui. Quand vous savez que qqun vient vous visiter vous vous y préparez… Attendre Jésus comme s’il arrivait demain c’est la même chose : vous faites ce qu’il faut pour que votre cœur soit prêt et vous vivez de sorte que lorsqu’il vient il sait que vous l’attendiez parce qu’il compte plus que tout pour vous. 

Le propre de l’amour c’est de savoir attendre celui ou celle qu’on aime. Et si Pierre nous encourage à cette piété, c’est parce que lorsque nous négligeons et perdons de vue cette espérance nous avons tendance à endurcir notre cœur, nous attacher aux choses de ce monde, à mettre de côté notre foi. C’est pourquoi cette attitude d’attente devrait d’abord changer notre conduite personnelle.  Jacques est l’épitre de la sagesse. Il nous invite à vivre cette attente avec sagesse : sagesse dans nos relations, nos biens, nos paroles, etc. Nous voulons vivre non pas n’importe comment mais d’une façon qui reflète et anticipe le royaume qui vient.  

N’oublions pas que nous devrons rendre des comptes au jour du jugement. Si notre vie ressemble de plus en plus à celle du Christ nous n’avons rien à craindre et pouvons aller à sa rencontre avec joie dans la paix

Un temps pour être encouragés / nous encourager

Ce temps qui nous sépare de sa venue est aussi celui où nous devons supporter difficultés et détresses. Pendant ce temps nous devons 1/ « tenir ferme » (v.11). Le mot grec pour tenir ferme signifie littéralement « rester sous ». 2/ Affermir nos cœurs : signifie être stable, solide, fortifié, renforcé. Litt. = « enfoncer solidement ». Dans les deux cas, Dieu nous encourage et il désire que nous nous encouragions les uns les autres à demeurer sous, rester enfoncés, enracinés dans sa grâce, son amour, sa parole, la prière afin que nous ne soyons pas ébranlés par ce qui se passe autour de nous.

Conclusion : le temps qui nous sépare du retour de Jésus n’est pas un temps d’attente passive mais bien un temps pour être actif, pour vivre et travailler à l’avancement du Royaume de Dieu ; annoncer sa parole ; vivre dans la sainteté avec le désir de lui plaire : bâtir de nouvelles relations et s’encourager les uns les autres.  Puisse cette attente être aimante, priante et confiante. Amen

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