Prédication sur Mt 3,13-17 et 4,17 et 28,18-20 et Mt 15,19-20a

Pourquoi ne pas fêter l’anniversaire de notre baptême ?

Bien-aimés du Christ Jésus.

Certaines personnes, en particulier les enfants aiment fêter leur anniversaire. Certains accorderont plus d’importance à d’autres anniversaires comme celui de leur mariage. Parmi vous qui aime fêter les anniversaires ? Levez la main.

Mardi, nous avions notre rencontre sur l’évangile de Matthieu. Et le petit livret nous accompagnant posait cette question à la fin de notre lecture de Mt 3-4. Est-ce que je me souviens de la date de mon baptême et est-ce que je fête mon anniversaire de baptême ? Cette question m’a interpellé. Je n’y avais jamais pensé. Il faut d’ailleurs que je demande à mes parents la date de mon baptême.

On fête le jour de notre naissance, de notre arrivée dans ce monde, de la vie que nous avons reçue ; on fête le jour de notre mariage, de l’arrivée de l’aimé dans notre vie et de nos engagements mutuels. Mais on ne fête pas l’anniversaire de notre baptême. Moi le 1er. Mais ça pourrait changer dorénavant.

Parmi nous, il y a ceux qui ont été baptisés adultes, qui se souviennent de ce jour où ils ont choisi de donner leur vie à Jésus et de vivre avec lui. Et il y a ceux qui ont été baptisés petits et ne s’en souviennent pas, pourtant ce jour-là leurs parents ont fait un choix : celui de planter la graine de l’amour de Dieu en leur enfant. Ou dit autrement : celui de proclamer sur leur enfant le désire de Dieu de l’adopter. Le baptême fait de nous les enfants adoptifs du Seigneur. Ce n’est pas rien ! Se souvenir de cela nous aidera peut-être à faire de Dieu notre Père adoptif.

Je me souviens qu’à 16 ans, au moment de ma confirmation, j’étais très en colère avec mes parents qui m’avaient baptisé bébé et m’avaient donc privé de choisir moi-même le baptême. Et cette colère a duré des années jusque vers mes 30 ans. Là j’ai fait une découverte en préparant le baptême d’un petit avec ses parents : j’ai découvert que le verbe baptiser en grec est aussi un mot utiliser en cuisine pour dire mariner ou mettre en conserve[1]. Qu’est-ce qu’on fait quand on marine du chevreuil dans du vin rouge pour en faire du civet ? On plonge la viande du chevreuil dans le vin rouge et on laisse le vin pénétrer la texture de la viande pour lui donner son goût. Qu’est-ce qu’on fait quand on met les cornichons en conserve ? On les plonge dans un bain de vinaigre et le vinaigre les imprègne et c’est ce qui permet de les garder longtemps.

Ce jour-là j’ai compris que au moment de mon baptême, mes parents avaient choisi d’inscrire ma vie dans l’amour que Dieu m’avait manifesté en Jésus son Fils. Plus que ça encore : que mon baptême me plongeait dans la vie de Dieu le Père, le Fils et le Saint Esprit. Que ce jour-là, le Seigneur me disait son amour, et qu’il souhaitait imbiber ma vie, imprégner ma vie de sa présence, devenir la source de ma vie, laisser sa marque sur moi. Ça m’a réconcilié avec mon baptême. Et je me suis demandé : qu’as-tu fait de la graine qui a été planté dans ta vie ce jour-là ? Qu’as-tu fait de l’amour de Dieu pour toi ? Est-ce que tu l’as laissé te mariner ? Est-ce que tu l’as laissé pénétrer ta vie ?

Pourquoi Jésus a-t-il été baptisé lui qui est le Fils de Dieu ? Il a dit que c’était pour montrer ce qui est juste de faire, à savoir entrer dans ce mouvement, dans cette démarche de laisser l’amour de Dieu nous imprégner, nous pénétrer, nous façonner. Jésus disait que le mal vient du fond de notre cœur et qu’il est donc nécessaire de laisser le Seigneur travailler notre cœur. Jésus dit que juste être baptisé c’est croire du bout des lèvres et pas du fond du cœur. Que ça doit descendre dans le cœur, dans la vie.

Qu’est-ce que ton baptême a changé dans ta vie ? En d’autres termes : qu’est-ce que la présence du Dieu qui t’aime a changé dans ta vie ?

Laisser le Seigneur m’imprégner, m’imbiber, m’habiter, me transmettre son goût, me garder. C’est une démarche de longue durée, d’une vie. C’est découvrir et accueillir toute la force de son amour pour nous. Comment ? On peut commencer tout simplement ! Remercier Dieu pour sa fidélité et sa présence auprès de nous, le remercier parce qu’il a donné sa vie pour nous à la Croix. En faisant cela, on découvre les traces de Sa présence dans notre vie. C’est aussi le laisser nous habiter, nous orienter, nous guider, parfois nous gronder, parfois guérir ce qui fait mal en nous. Et tout ça se passe dans un face-à-face avec lui, dans une relation, notre relation avec lui. Et ce qui est extraordinaire, c’est que c’est lui qui a décidé de nous aimer avant que nous lui disions ok. Ça veut dire qu’il nous est fidèle, fidèle, fidèle et que si nous l’avons oublié, lui ne nous oublie pas ; que si nous l’avons oublié, nous pouvons tjs recommencer avec lui.

La graine de l’amour de Dieu qui a été planté en nous à notre baptême demande à pouvoir grandir, faire des racines en nous, et puis produire qqch de beau dans le jardin de ce monde. L’amour de Dieu c’est pas un truc égoïste pour soi, privé et intime. Ce n’est surtout pas un truc religieux. C’est une présence vivante en toi qui veut te bénir et rendre le monde plus beau. Fais-lui place, réjouis-t’en, célèbre-la. Jésus veut régner en toi et sur le monde.

Alors, vous les parents d’Elise, vous avez la responsabilité d’être les jardiniers qui vont favoriser le développement de cette graine que vous avez planté en elle. L’Eglise aussi sera là pour vous aider.

Et nous autres, fêterons-nous désormais l’anniversaire de votre baptême, pour mieux vivre notre adoption par Dieu comme ses enfants?

Amen.

[1] Le mot « baptizo » ne doit pas être confondu avec  « bapto ». L’exemple le plus simple a été donné par un physicien et poète Grec (Nicander), vers 200 AV.J.-C. Il parle de la recette pour faire des conserves au vinaigre, et pour ceci utilise les deux mots: le légume doit d’abord être plongé (bapto) dans de l’eau bouillante, puis immergé (baptizo) dans le vinaigre. Les deux verbes concernent une immersion, mais la première est temporaire et brève, la seconde est une action de longue durée, considérée comme définitive. Dans le N.T, on trouve plus souvent la référence à notre union et notre identification à Christ qu’au passage dans l’eau du baptême. Lexique grec-français Strong, n°907.

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