Prédication 25/09/16  Marc 13 : fin des temps : quelle différence pour moi aujourd’hui ?

Le chapitre 13 de Marc crée parfois de la confusion dans nos esprits. Jésus parle de la destruction du temple et de son retour. Quel lien entre les deux évènements ? A quoi nous invite la perspective du retour de Jésus ?

  1. Fin du temple et fin des temps

Les disciples veulent savoir quand le temple sera détruit. Jésus prophétise sur ce qui arrivera en fait en l’an 70 (destruction du temple par les romains sous l’empereur Titus). Cela les convaincra que tout ce que Jésus avait annoncé se réaliserait. Puis il évoque aussi le retour du Fils de l’Homme à la fin des temps. Tout comme la fin du temple arrivera, la venue de Jésus sera tout aussi certaine, visible, physique et historique. En fait la fin du temple anticipe et préfigure déjà la fin des temps. Dans les deux cas il y a des similitudes. Il y aura pour le temple des signes généraux qui impliquent discernement et vigilance. Mais contrairement à la destruction du temple, le retour du Fils de l’homme implique l’idée de soudaineté. Jésus nous avertit : nul ne sait quand cela se produira et chacun doit être prêt. Ce retour complètement imprévisible demande une vigilance redoublée. « Restez éveillés » ! Son retour est une réalité à prendre au sérieux. Quand je crois dans le retour de Jésus cela fait au moins 3 différences dans ma vie.

  1. Fin des temps et différence pour nos vies 

Notre engagement social

Si je crois au retour de Jésus cela fera une différence dans ma compréhension des problèmes de ce monde et dans mon attitude envers ces mêmes problèmes. Au v.26 il est dit que Jésus revient dans/avec les nuées, avec puissance et gloire. Cela rappelle la Shekinah, c.-à-d. la présence glorieuse et immédiate de Dieu telle qu’elle était dans Genèse. Mais depuis la chute l’homme connait maladie, mort, faim, violence, injustice, pauvreté, etc. Lors de son retour Jésus apporte cette Shekinah, la gloire et la lumière de sa présence qui envelopperont de nouveau la terre pour en faire un nouvel Eden. Jésus apportera la lumière après des siècles d’hiver, ce sera la restauration et le renouvellement de la création débarrassée du mal de la mort.

Nous souhaitons le retour de Jésus parce que nous détestons ce qu’il déteste (injustice/mal) et nous souhaitons et travaillons à ses côtés à un monde plus juste. Etre vigilant c’est aspirer à et désirer son retour. Car son retour signifie qu’un jour justice sera faite. Toute personne qui aspire à la justice désire le retour et le royaume de Dieu. Toute personne enchainée, esclave, exilée, violentée, persécutée ne peut qu’aspirer au retour de Jésus.

Si nous sommes dans le confort total nous devons regarder à ceux qui ne le sont pas ! Etre vigilant c’est cela : ne pas s’endormir sur notre confort, notre indifférence ou notre égoïsme qui font que nous ne désirons plus son retour alors que le monde en a besoin. « Relevez la tête » parce que le royaume vient ! Cet appel est un antidote à notre cynisme et notre paresse. Car la tentation est grande de vivre et nous enfermer dans notre petite bulle. C’est un appel à espérer et encore plus à nous battre pour la justice et être plein de compassion et agir avec compassion pour les malmenés.

Notre intégrité personnelle

Le retour de Jésus fait une différence dans notre comportement personnel, notre éthique personnelle et notamment notre intégrité. On ne sait pas quand, mais Jésus reviendra, c’est sûr. Etre vigilant, ce n’est pas être obnubilé par la fin, mais c’est prendre en considération qu’elle peut arriver à tout moment. Si nous savons que le rideau peut tomber à chaque instant nous ne voudrions pas qu’il tombe au milieu de nos petits arrangements mesquins et nos actes cachés ! La venue de Jésus nous presse davantage à la sanctification. L’assoupissement dans la vie chrétienne nous conduit rapidement à des compromissions ou à nous laisser influencer par l’esprit de ce monde (contraires à celui du Seigneur). La vigilance va de pair avec la lecture de la Parole et de la prière persévérantes qui nous façonnent à l’image de Christ. Comprenons ceci : ce que nous disons et faisons ne sera pas jugé sur la base des critères de ce monde. La lumière du Christ éclairera nos vies, nos actes, nos pensées, nos motivations et révèlera toutes choses telles qu’elles sont vraiment. Quand nous achetons des habits, nous nous jugeons à la lumière des néons. Mais les choses sont parfois différentes une fois à la lumière du soleil ! Nous devons apprendre à vivre comme des personnes qui seront éclairées par la lumière éternelle…

Notre capacité à pardonner

La venue de Jésus fait une différence sur notre capacité à pardonner et faire la paix avec les personnes qui nous ont fait du mal. Quand quelqu’un nous a fait du mal nous avons tendance à vouloir aller nous asseoir sur le trône du juge de ce monde. En faisant ainsi nous pensons savoir ce que l’autre mérite. Et nous aimerions être celui qui inflige ce qu’il mérite.  Or ce n’est pas à nous de le faire. Il nous faut descendre du trône car il est trop grand pour nous ! Cela ne guérira pas notre amertume, au contraire. En attendant Jésus nous sommes invités à pardonner. Le non-pardon et l’amertume sont des poisons que nous buvons et qui nous tuent intérieurement. Pardonner ne nous met plus en juge. Pourquoi ce n’est pas à nous de nous asseoir sur ce trône ?

Parce que : 1. Dieu est seul digne de siéger sur ce trône et il est seul juge. Nous sommes aussi imparfaits et serons aussi jugés pour ce que nous avons fait. 2. Lui seul possède la connaissance requise pour s’asseoir sur ce trône. Lui seul connait le cœur de chacun. Nous pensons connaitre les gens mais notre amertume nous aveugle et nous avons étiqueté les personnes comme étant comme ceci ou cela. L’amertume déforme toujours notre regard sur autrui. Mais Dieu seul sait par quoi les hommes sont passés et ce qu’ils sont vraiment. Dieu seul sait ce qu’ils méritent. Nos critères de justice ne sont pas ceux de Dieu. Dans ma colère je ne peux que surestimer ce qu’ils méritent. Il est Dieu, il est juge : je ne le suis pas. Je n’ai pas à l’être. Le retour de Jésus nous rappelle qu’il est celui qui redressera tous les torts. Il fera justice de toutes choses. Cela peut nous aider à apaiser nos cœurs. Car s’il n’y a pas de jugement, quel espoir avons-nous pour ce monde ?

  1. Fin des temps et jugement

Au retour de Jésus les cieux sont ébranlés et Mt associe le retour de Jésus au jour du jugement.  Il se passe la même chose à la croix. En fait, à la croix le jour du jugement de Dieu est venu sur Jésus lui-même. Mc 13 évoque la parousie (fin des temps) qui signifie en fait présence. La présence ultime de Dieu viendra guérir toute chose. Mais avant cela, sur la croix Jésus a vécu l’absence de Dieu. Il a bien voulu descendre du trône pour être jugé lui-même. Il a pris sur lui notre jugement. Il prend sur lui l’injustice mais aussi la mort, le rejet, les ténèbres à notre place ! Pourquoi ? Pour payer le prix de nos fautes afin que nous, nous puissions obtenir la vie, l’amour, la lumière et la justice. Qui pourrait tenir devant le trône et le jugement de Dieu si Jésus n’avait pas pris sur lui notre jugement ? Dieu nous accepte et nous aime à cause de ce que Jésus a fait et non pour mes propres mérites.

Concluons : dans le catéchisme de Heidelberg (1563), lisons la question 52 : Qu’est-ce qui te console dans le retour de Jésus pour juger les vivants et les morts » ? Que dans toute détresse et persécution, j’attends du ciel la tête haute, comme juge, celui-là même qui s’est auparavant présenté pour moi devant le tribunal de Dieu et qui a emporté loin de moi toute malédiction (Lc 21,28 ; Rm 8,23 ; Ph 3,20 ; Tt 2,2 et 13); qu’il jette dans la damnation éternelle tous ses ennemis et les miens (2 Th 1,6-10 ; 1 Th 4,16 ; Mt 25,41-43), mais moi qu’il me prenne avec lui avec tous les élus dans la joie et la gloire céleste (Mt 25,34).Oui, nous nous croyons en son retour et nous l’attendons. Veillons et prions : « Maranatha, viens S. Jésus ».

Prière : Seigneur, fais nous désirer chaque jour ton retour. Nous voulons avec l’aide de ton SE vivre et témoigner de cette réalité dans nos vies. Aide-nous à demeurer vigilant, à devenir des personnes désireuses de justice, d’intégrité et de pardon. Nous aspirons à ta lumière que nous voyons déjà dans la

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