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Cultes tous les dimanches à 10h au Temple

Église Évangélique Réformée

Paroisse de Bulle – La Gruyère

Quelle a été votre dernière grande joie ? Elle était sûrement liée à l’annonce d’une bonne nouvelle (BN) ? Laquelle ? Les bonnes nouvelles suscitent de la joie : annonce d’une naissance, d’une réussite, etc. La joie es très présente dans les récits de Noël (chez Marie, les anges, les mages) et chez les bergers à qui les anges avaient dit : « Nous vous annonçons une bonne nouvelle qui sera source d’une grande joie pour tout le peuple » : naissance du Messie !

Comment se réjouir alors que 2020  n’a apporté qu’isolement, dépression, maladie, deuil, difficultés économiques, chômage. Noël nous rappelle aussi l’absence de ceux que l’on aime ou que l’on a aimé. Sans compter les drames mondiaux qui semblent ne jamais se terminer. Les circonstances ne sont pas propices à nous réjouir. Si vous n’êtes pas complètement dans la joie, je vous comprends. Pas besoin de faire semblant. Nous avons le droit de ne pas ressentir cette joie et ne nous culpabilisons pas si tel est le cas.  Sachez que la situation de l’époque n’était pas si joyeuse que cela non plus ! Le peuple vivait sous l’oppression romaine et attendait sa délivrance. Jésus est venu dans un climat de fragilité et de précarité. En quoi la BN de Noël est-elle si différente ? En quoi peut-elle vraiment nous mettre en joie ? 

  1. Il y a joie…et joie (de Noël)

En fait il y a joie et joie (en anglais on dirait joy et happiness). Il y a la joie (happiness, le fait d’être heureux) qui dépend de circonstances extérieures favorable, soumise à conditions : « je serai heureux quand ceci se produira ou si j’obtiens telle chose ». Elle reste temporaire et surtout l’objet de cette joie ne change rien en profondeur dans ma vie de façon durable. Le lendemain, je me réveille avec le même état de tristesse ou de vide intérieur. Cette joie disparaît avec le temps ou les difficultés.

La BN de la naissance de Jésus suscite une autre joie. Elle vient changer quelque chose de fondamental et de façon positive en ceux qui la reçoivent. Elle va même changer le cours du monde et de nos existences. Cette joie est intérieure et vivante en nous et surtout durable. Car la joie de Noël c’est une joie malgré. Une joie qui sera toujours là malgré les circonstances, les difficultés, les peines, les échecs, le virus… Prenons cette image : un jour un couple a acheté une maison et avait remarqué qu’il faisait toujours frais et humide dans leur cave même l’été lorsque l’air devenait particulièrement chaud et sec. La raison en était qu’une rivière souterraine courait sous les fondations de la maison. 

Même par forte chaleur ils profitaient dans la cave d’une température douce et confortable. De la même manière le contenu de la BN de Noël est comme une rivière souterraine de joie, une fontaine d’allégresse qui nous redonne de la force quelles que soient les difficultés que nous rencontrons dans la vie, quoi qu’il se passe de mauvais en surface. Jésus est venu offrir une rivière de joie souterraine qui continue de couler et garde ainsi nos cœurs malgré les circonstances et les difficultés. Si nous prenons une autre image cette joie biblique est comparable à du lest qui maintient le navire stable verticalement dans l’eau

  1. En quoi la BN de Noël donne de la joie ?

C’est au cœur de nos ténèbres, au moment où l’espérance est au point mort pour ceux d’il y a 2000 ans comme pour nous qu’une parole retentit : « Je vous annonce une BN qui sera source d’une grande joie pour tout le peuple : il vous est né un sauveur, le Christ, le Seigneur ». Ces 3 qualificatifs étaient suffisants pour comprendre qu’il s’agissait bien de celui attendu et promis par les prophètes. Cette annonce ne vient pas des hommes, mais de Dieu. En plus d’être fiable, elle surpasse toute autre nouvelle. Elle vient bousculer le cours du monde et de nos existences de façon éternelle et profonde. Elle transforme nos perspectives de vie et vient changer quelque chose en nous de façon positive.

Noël est une rivière souterraine de joie parce que Jésus est l’incarnation du salut.  Jésus, Yeshoua = Dieu sauve. Noël c’est surtout la joie du salut. Nous attendons le vaccin comme un sauveur, mais ce vaccin ne règlera pas tout. Jésus est le sauveur ! Le salut c’est quoi ? Tout simplement la restauration de la relation, de la communion avec Dieu qui était brisée du fait de notre volonté de vivre sans Dieu. En Jésus, Dieu dit son amour et son amitié à chacun et il vient restaurer cette relation. C’est la main tendue de Dieu qui rejoint l’humanité.

Cela signifie quoi ? Quelles implications pour nous ? Ça change quoi ?

Cette amitié implique la fin de tout sentiment de honte, de toute culpabilité, de toute peur qui rongeaient nos cœurs à cause de notre séparation d’avec Dieu. Par son pardon ce qui est passé est passé. Quelle joie !

Jésus c’est la manifestation de l’amour inconditionnel de Dieu qui nous procure une sécurité et une force nouvelles pour vivre mon présent. Quelle joie !

C’est l’espérance que le mal et la mort n’auront pas le dernier mot et cela me procure une paix face à l’avenir. Quelle joie !

Quoi qu’il arrive nous savons que nous sommes dans sa main. Quelle joie ! Noël, c’est l’assurance qu’au sein des ténèbres de notre monde, de nos tristesses et de nos soucis une lumière s’est mise à briller comme dit Es 9,1-6. Quelle joie ! Noël change tout le court de notre existence…

Ecoutez bien : si Dieu a envoyé son fils c’est parce que « chaque être humain a en lui un vide qui a la forme de Dieu » dit St Augustin. Et Jésus est venu combler ce vide.  Un vide qui, s’il n’est pas comblé, nous plonge dans la solitude. Un vide que nous cherchons à combler par des artifices qui provoquent de petites joies éphémères. Nous cherchons des moyens d’être heureux mais c’est toujours et encore la déception voire la déprime… Jésus nous dit : « approche-toi de moi et laisse mon amour et mon amitié combler ton cœur ». Franchement, n’y a-t-il pas de plus grande joie que de se savoir aimé et accepté de qqun ? A plus forte raison le sommes-nous et le serons-nous par Dieu.

Comment remplit-il ce vide ? Jésus n’est plus ce petit enfant de la crèche. Il est Emmanuel, Dieu avec nous, avec toi. Qui dit « avec toi », dit présence. Dieu désire aujourd’hui manifester sa présence et habiter en chacun de nous : comment ? par son esprit. Car la joie est un fruit de son esprit, c.-à-d. de sa présence en nous. Par son esprit en nous nous ressentirons la joie du Père qui aime pour ses enfants. Un auteur a dit : « La vraie source de la joie s’enracine plus profondément, c’est-à-dire dans le cœur même, dans l’intimité la plus reculée. C’est là que Dieu habite et Dieu lui-même est la source de la vraie joie ». En laissant Jésus demeurer en nous, nous laissons l’amitié et l’amour d’un autre inonder nos cœurs.  Cette communion avec le Seigneur crée une joie imprenable : rien ni personne ne peut nous l’enlever.

  1. Comment s’approprier la joie de Noël ?

 A. S’approcher/entrer dans sa présence « allons et voyons ce qui est arrivé »

Comme les bergers il ne faut pas simplement écouter et croire les anges mais bien se déplacer et aller à la rencontre de cet enfant. Leur voyage doit devenir le nôtre. À Noël tous les protagonistes ont compris qu’ils ne pouvaient plus tenir Dieu et leur compréhension de Dieu pour acquis : ils ont été bousculés et ont reçu une nouvelle révélation de qui Il est. Un Dieu proche, qui prend condition humaine et comprend ce que nous vivons. Nous pouvons ainsi lui confier et lui exprimer nos détresses, tristesse, peine, soucis…et recevoir de lui une joie nouvelle. Encore faut-il s’approcher de lui…ce qui me conduit au pt 2

B. Méditer : « Marie gardait le souvenir de tout cela et le méditait dans son cœur ».

Marie cultive le souvenir de ce qui s’est passé et comme elle nous pouvons intérioriser toutes les richesses de la signification de Noël, de tout ce que le Seigneur a fait pour nous et qui il est vraiment. Nous remettons Jésus non seulement au centre de la fête mais surtout au centre de nos vies en gardant les yeux fixés sur lui. Le Psaume 16.8-9 : « J’ai constamment l’Éternel sous mes yeux ; quand Il est à ma droite, je ne chancelle pas. Aussi mon cœur est dans la joie, mon esprit dans l’allégresse, et mon corps repose en sécurité ». Dans la prière et le silence nous nous rendons présent à lui pour laisser nos cœurs s’imprégner de son amour afin qu’ils en soient transformés. Mais cela nécessite de prendre le temps d’aller et d’être dans sa présence.

C. Célébrer « ils célébraient la grandeur de Dieu et le louaient »

Le Jésus de la crèche est devenu le Christ, le Vivant impliqué dans nos vies encore aujourd’hui. A l’image des bergers nous sommes invités à manifester cette joie au travers de notre louange et de notre témoignage. Chanter le grand et bon berger qui prend soin de nous ; se réjouir du chemin qu’il a ouvert pour nous offrir le pardon ; célébrer sa vie offerte et la victoire sur le pouvoir de la mort nous offrant ainsi la joie de l’éternité promise.

Conclusion : Oui la situation n’est pas joyeuse. Mais nous croyons qu’une lumière a jailli au cœur des ténèbres ! Noël est une fête subversive qui nous invite à nous réjouir malgré… ! A chacun de nous comme aux bergers l’invitation est lancée : « soyez dans la joie, plein de joie ! ». Nous sommes invités à choisir la joie au nom de cette naissance qui ouvre tant de nouvelles perspectives. Oui ce monde va mal mais en nous coule une rivière que rien ne peut assécher. Puissions-nous transmettre cette joie afin qu’elle devienne contagieuse et que cette BN continue de changer le cours du monde, de nos existences et surtout le cœur des hommes/femmes de ce monde. Amen

Textes lus : Luc 2,1-20 ; Esaïe 9,1-6 ; 1 Jean 1,1-4

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