Prédication sur Mc 1.14-39 et Ps 18.35b

Quand Jésus passe dans notre vie, il crée un appel d’air…

Bien-aimés du Christ,

Une étude publiée en 2023 montre que nous avons besoin de bonnes nouvelles car – je cite – les informations à connotation négative dominent la presse, les récits de mort et de destruction gagnent en popularité et affectent négativement la santé mentale et la perception de l’humanité[i].  Alors, je vous propose de méditer l’évangile de Marc et  nous arrêter sur la Bonne Nouvelle de Jésus le Fils de Dieu, la bonne nouvelle de Dieu venu nous aimer.

Quand je regarde l’Eglise ou ma propre vie, je me demande s’il ne nous arrive pas d’avoir oublié que Jésus est la plus grande bonne nouvelle qui soit. Jésus incarne, est la bonne nouvelle du Règne de Dieu venu à nous, la bonne nouvelle de ce Dieu qui nous aime infiniment, mystérieusement, incomparablement. Marc écrit à des gens qui savent que Jésus est mort et ressuscité, vainqueur de la mort, et qui ont déjà une expérience de Jésus. C’est pour ça qu’il débute en disant : Commencement de la bonne nouvelle de Jésus Christ fils de Dieu. La suite de la bonne nouvelle étant vécue par ses lecteurs eux-mêmes.

Marc 1 nous décrit le début de l’activité publique de Jésus. J’aimerais m’arrêter avec vous là-dessus et nous inviter à nous laisser interroger et encourager.

Quand Jésus passe quelque part, il crée un appel d’air frais. C’est comme si une fenêtre s’ouvrait et laissait entrer de l’air revigorant. Il est comme un printemps appelant des bourgeons à s’ouvrir. Il est comme un soleil qui révèle des coins de paysages restés dans l’ombre. Il crée un appel d’air frais parce qu’il est entouré, imprégné, habité de l’Amour que Dieu son Père lui a dit à son baptême. Et il nous le partage. Tu es, vous êtes nous sommes enfants bien-aimés de Dieu en qui il a mis toute sa joie. Jésus brille de l’amour de Dieu pour nous. Comme il le dit à Nicodème : Car Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne se perde pas mais ait la vie éternelle.

Quand Jésus passe quelque part, il crée un appel d’air frais. Comment cela se manifeste-il ? Regardons le texte.

  • Il réveille le désir profond qui nous habite. Voyez les 4 1ers disciples : Jésus les appelle avec cette promesse : Je ferai de vous des pécheurs d’hommes. Et ils le suivent immédiatement. C’est comme s’ils attendaient ce moment. C’est comme si Jésus venait répondre à un désir enfoui. Par ex., ici, le désir d’avoir une activité qui ait du sens, qui soit plus qu’un job alimentaire, plus que pécher du poisson en vue d’un chiffre d’affaire. Jésus les invite à s’occuper de personnes.
  • Il suscite la compassion de Pierre et C° qui le conduise à la belle-mère malade, pour qu’il la guérisse.
  • Il donne un nouvel élan à cette femme pour servir sa maisonnée.
  • Il prend soin des malades et les relève.
  • Il dévoile et dénonce les influences démoniaques. J’y reviens dans un instant.

Avant ça, interrogeons-nous : Jésus a-t-il déjà créé un appel d’air frais dans ta vie ? T’a-t-il déjà une fois ou l’autre redonné sens pour ta vie ou renouvelé ton élan de vie? A-t-il déjà une fois réveillé un désir enfoui dans ta vie, ou une compassion ? Ou vivrais-tu des circonstances où tu as l’impression que Jésus passe, réveille en toi un désir autre ?

En effet, je peux savoir qui est Jésus, mais ça ne suffit pas. Je peux savoir qui est Jésus et rester hermétiquement fermé à son action. Je peux avoir la connaissance juste, la théologie exacte, et ne rien vivre de cet appel d’air frais. Comme le démoniaque. Le démoniaque n’est pas un mauvais bougre, il n’est pas une mauvaise personne, il est une personne dissociée, divisée. Regarde : il est venu prier à la synagogue, il reconnaît Jésus comme le Saint, c-à-d comme Celui qui appartient et représente Dieu, et aussitôt ne veut rien avoir à faire avec lui. Il est rempli de peur devant Jésus venu l’aimer. Enfin… celui qui le remplit de peur c’est le menteur de toujours, celui qui n’a cessé de pratiquer ce sport depuis l’origine, le serpent calomniateur.

Alors, Jésus vient libérer cet homme et le rendre à lui-même.

Comme il a rendu les 4 disciples à leur désir profond.

Comme il a rendu la belle-mère de Pierre à son envie de servir.

Quand Jésus passe dans notre vie, il crée un appel d’air frais. Cet appel fait parfois claquer une fenêtre ou une porte. Ce qui nous rend appréhensif. Mais n’ayons pas peur. Son amour infiniment délicat et respectueux vient nous libérer. Nous libérer de nos peurs de Dieu, parce que, oui, parfois nous nous méfions de lui, qu’il ne soit pas à la hauteur de ses promesses, qu’il nous joue un tour.

Quand Jésus passe dans nos vies, il met parfois à jour des loyautés et des soumissions qui nous empêchent de vivre notre désir profond. Comment s’en sortira notre père pour pécher sans nous ?

Quand Jésus passe dans nos vies, il veut nous libérer de nos fébrilités qui nous éloignent de Lui et de son appel. Et Dieu sait que dans le monde actuel tout nous pousse à une fébrilité hyperactive et hyper-connectée.

Quand Jésus passe dans notre vie, il veut prendre soin de ce qui a mal en nous. Intéressant que le verbe que la Bible traduit par guérir, therapein en grec, pourrait aussi se traduire par prendre soin, servir en accentuant la relation à l’autre plutôt que le travail fourni. Son amour vient nous servir pour nous rendre à notre désir profond. Son amour vient prendre soin de nous non pas en faisant un miracle coup-de-poing, mais en s’approchant, en nous regardant, en cherchant la relation avec nous. Ce n’est pas à la va-vite.

Quand Jésus passe dans notre vie, il crée un appel d’air frais qui nous surprend parfois parce que nous n’attendions pas cela de Dieu – avec nos idées faussées à son sujet. Laissons-nous étonner. Laissons-nous aérer. Laissons-nous emmener.

C’est vrai, encore faut-il être attentif à cet air frais qui vient caresser le visage de notre cœur, de notre âme et parfois de nos êtres blessés. Si vous me permettez l’expression : son appel d’air frais c’est pas en coup-de-vent. C’est avec délicatesse et temps. Douceur et patience.

Comme le dit David dans le Psaume 18 : Seigneur, ta main puissante me soutient, ta bonté me grandit (Ps 18,35 pdv). La BFC dit : Tu réponds à mes appels et tu me rends fort. Ta bonté me fait advenir à moi-même, à ce moi que tu as tjs voulu voir naître.

En voilà une bonne nouvelle. Non ?

Amen.


[i] Kathryn Buchanan ,Gillian M. Sandstrom, Buffering the effects of bad news: Exposure to others’ kindness alleviates the aversive effects of viewing others’ acts of immorality. Published: May 17, 2023 on https://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0284438. https://doi.org/10.1371/journal.pone.0284438