Jésus dit : « si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive. Celui qui croit en moi des fleuves d’eau vive jailliront de lui ». Nous sommes ici en pleine fête des cabanes (Tabernacles) qui durait 7-8 jours. Chaque jour de la fête il y a un rituel d’eau qui commémore le fait que Dieu procurait miraculeusement de l’eau au peuple d’Israël pendant qu’il était dans le désert. Quand Jésus prononce cette parole cela coïncide avec le dernier jour de la fête pendant lequel le prêtre va puiser de l’eau au réservoir de Siloé, l’apporte au temple dans une procession, puis verse cette eau dans une coupe à côté de l’autel en guise d’offrande à Dieu. L’eau coulait alors vers la base de l’autel.

Ce rituel de l’eau versée était une anticipation festive de la promesse de Dieu qu’il répandrait des pluies spirituelles quand le Messie arriverait. C’était un avant-goût des torrents d’eau vive à la fin des temps annoncés par Ézéchiel et Zacharie. Alors quand Jésus prononce cette phrase, il est train de dire : je suis en train d’accomplir ce que la fête annonce. Alors qu’Esaïe invitait les gens assoiffés à venir boire aux eaux, Jésus annonce qu’il est celui qui donne cette eau ! Et la fin du verset nous rappelle que cette eau désignait déjà l’esprit, la présence même de Dieu dans le cœur du croyant, esprit qui serait donné à la Pentecôte.

Venez à moi, vous qui avez soif et buvez ! 3 mots clés résument l’invitation que Jésus lance.  D’abord Jésus s’adresse à ceux qui reconnaissent leur soif spirituelle (cf. Ésaïe 55,1 mais aussi Mt 5,6 heureux ceux qui ont faim et soif de justice). Dans les Ps 42,1 et 63,1 David évoque ce désir intérieur profond : « comme une biche soupire après l’eau du ruisseau, moi aussi, je soupire après toi, ô Dieu » « O Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche, j’ai soif de toi ».

En effet nous aspirons à quelque chose qui est aussi vital pour notre être intérieur que l’eau est vitale à notre corps physique. Elle est condition de vie. Jésus s’adresse à ceux qui ont soif et reconnaissent leur soif. Soif de vrai, de vérité, soif de sens, soif d’amour, soif de justice, soif de relations vraies, soif de paix. Beaucoup reconnaissent avoir soif. Mais ultimement tous ces textes nous montrent que nous avons soif de relation et de communion à Dieu. Soif d’une présence et d’un amour qui viennent combler nos cœurs.

Et toi, de quoi as-tu soif ? Cette soif doit être étanchée mais pas n’importe comment. Beaucoup essaient d’étancher leur soif d’une autre manière. L’eau frelatée du matérialisme, le puits corrompu de la religiosité, les citernes asséchées des plaisirs en tous genres… La mode est à la méditation, mais une méditation sans objet, sans Dieu, centrée sur soi, qui fait du bien et calme le stress. Oui, c’est un bon début… Cela aide. Mais c’est de l’eau qui n’étanche pas. Tout ce que j’ai évoqué laisse le cœur insatisfait. Jésus l’avait déjà dit à la Samaritaine en Jean 4 : « Quiconque boit de cette eau du puits aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif ».   

Dieu sait à quel point nous avons soif. Beaucoup ont soif mais ne savent pas où aller puiser. Et c’est là que Jésus crie (important, solennel !) : « venez à moi » (2ème mot clé).   Une soif est reliée à quelque chose, à une source précise qui seule pourra l’étancher. Pour étancher sa soif il faut venir à Jésus la source d’eau vive parfaite !

La Samaritaine avait soif de relation vraie qu’aucun homme n’a pu combler semble-t-il. Souvenez-vous du jeune homme riche. Jésus dit : la source de ta joie n’est pas dans ta richesse mais dans le fait de me suivre. Ne cherchons pas dans les choses terrestres ou les relations humaines ce que Dieu seul peut donner au travers de notre communion avec lui. Jésus est en train de dire qu’il incarne parfaitement cette présence de Dieu. Et dans notre relation, dans cette communion à Lui notre cœur trouve ce à quoi il aspire le plus. Cela passe par LUI. Et pour les auditeurs du chapitre 7 (pharisiens), ça coince ! 

Venez et moi et buvez ! Venez puiser à la bonne source. Évitez l’eau contaminée, les boissons trafiquées et édulcorées. Ne puisez pas à des puits corrompus, à des citernes asséchées… Mais allons à l’eau vive, l’eau courante, une eau fraiche, propre et saine.  Les pharisiens n’ont rien à offrir avec leur religiosité et leur légalisme. Car leur religiosité n’apporte pas la vie. C’est sec. Ce n’est pas l’eau vive, fraiche et désaltérante. Mais plutôt de l’eau stagnante qui croupit… Les gens boivent les paroles de Jésus parce que ces paroles sont esprit et vie, des paroles qui relèvent, redonnent force, vie, espérance.

Venez, à moi… Vous n’avez pas besoin de venir avec de l’argent ou de bonnes œuvres ou votre propre justice à l’instar des pharisiens. Il vous appelle à venir tel que vous êtes. Il appelle les malades, les brisés, les pécheurs, les assoiffés… Dans son commentaire sur ce passage Thomas A Kempis (moine 14ème siècle) écrit :

« Ainsi donc, que ceux n’en sont pas dignes s’approchent de moi pour se rendre digne, que les méchants s’approchent pour devenir bon, que les petits et les imparfaits s’approchent pour devenir grand et parfait. Que tous, en général et en particulier, s’approche, afin de recevoir de la plénitude de cette source vive. Je suis la fontaine de vie, La Fontaine inépuisable. Que celui qui a soif vienne à moi et qu’il boive. Que celui qui n’a rien vienne, et on lui donnera gratuitement. Que le malade approche pour être guéri, le tiède pour être réchauffé, le pusillanime pour être réconforté, celui qui est dans l’affliction pour être consolé, celui qui est dans l’aridité pour être rempli de l’onction et de la grâce de l’Esprit-Saint, celui qui est dans l’abattement pour être comblé de joie ». Jésus répond à ce désir profond, à cette soif intérieure qui est d’abord comme j’ai dit désir de relation, de communion avec Dieu.

Après s’être approché de Jésus il faut encore boire (3ème mot clé) c’est-à-dire s’approprier Jésus par la foi. Boire, se remplir de cette eau qui devient torrent en nous. Une eau qui devient pour ceux qui croient un fleuve d’eau vive qui coule de chacun de nous ! C’est l’image de l’action de son Esprit en nous. Une source en plein désert ne te sert à rien si tu n’y bois pas. Mais quand tu y bois, elle devient une source de satisfaction telle qu’il ne nous manque rien.

Mais attention ! Si cette source nous satisfait, ce n’est pas une source dont on SE satisfait égoïstement ! Dieu nous utilise pour répandre la vie, car tout cela ne s’arrête pas avec nous ! Si vous venez à l’église QUE pour vous procurer quelque chose, vous serez comme la mer Morte. C’est tellement salé que rien ne peut y vivre parce qu’il y a des rivières qui s’y jettent, mais rien n’en sort. En effet le Seigneur ne souhaite pas que nous demeurions des étangs dans lesquelles l’eau vive du Salut stagne. Nous sommes invités à être des canaux par lesquels des fleuves d’eau vive sont procurés à d’autres, des eaux vives qui sont abondantes et s’écoulent vers d’autres endroits.

Quand tu bois à la source, ta coupe déborde ! Elle est censée jaillir depuis ton être profond vers d’autres. L’esprit vivant en nous devient une source qui répand ses bénédictions sur notre entourage. Cela se manifeste on le sait par l’amour, la joie, la paix, la patience, la bienveillance, la bonté, la fidélité, la douceur et la maîtrise de soi. Ce fruit de l’esprit n’est pas que pour soi. Il devrait couler quotidiennement les uns sur les autres. Ces qualités devraient circuler entre nous dans l’église.

En venant à la source le croyant deviendra lui-même une source qui pourra abreuver d’autres. Lorsque nous venons à l’église, faisons cette prière : « Seigneur, remplis-moi de ton Esprit et coule de moi vers ceux qui peuvent avoir soif. » Par nos actes et nos paroles, notre témoignage, notre cœur et notre amour pour les autres nous permettons à la vie spirituelle qui nous habite de jaillir sur les gens de notre entourage et de les influencer.

Conclusion :

1/ Ce qui est magnifique c’est que nous pouvons nous transformer d’un être assoiffé en une source quand nous laissons entrer en nous le Saint-Esprit. Si vous ressemblez plus à un filet d’eau qu’à un torrent, ne vous inquiétez pas ! Notre priorité est de demander au Seigneur dans la prière de nous combler de son esprit afin que de votre être le plus profond des fleuves d’eau vive coulent vers un monde assoiffé. Cette source qui nous rafraîchit, devient une source de rafraîchissement pour la vie d’autres personnes.

2/ Certains diront qu’ils n’ont pas soif… On peut ne pas ressentir la soif mais tout homme a besoin de boire… comme il y a des signes physiques de déshydratation (par ex. bouche sèche ou irritabilité), il y a des symptômes spirituels de déshydratation : colère et amertume, égoïsme, orgueil et arrogance, paresse, manque de compassion, tristesse… Alors si nous sommes dans cette situation, c’est un signe d’aridité dans notre vie et il faut considérer notre besoin urgent d’être irrigué et rafraichi par l’eau vive du Christ.

3/ Si ce verset de Jean 7 ne résonne pas ou plus trop en vous, alors demandez au Seigneur de créer en vous une plus grande soif de lui ! Dans son amour il créera cette soif. Il ne demande que cela. Puis venez à Jésus et buvez !

Pour aller plus loin : De quoi as-tu soif ? As-tu des symptômes spirituels de déshydratation ? Où en es-tu dans ta relation, communion au Père ? Te procure-t-elle joie et satisfaction ? Dans quelle mesure l’eau vive déborde sur ton entourage ?

Textes :  Ézéchiel 47, 1 à 9 ; Esaïe 55,1-3 ; Jean 7,37-39

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